Une aquaculture durable pour aider à nourrir le monde
Une production aquacole durable, consistant à entretenir les étendues d’eau pour assurer une production perpétuelle d’animaux et de végétaux, non seulement de poissons, mais aussi de crustacés ou d’algues, peut contribuer à assurer la sécurité alimentaire mondiale.
Le commissaire européen chargé de la Pêche, Joe Borg, a présenté aux ministres réunis pour le Conseil « Agriculture et Pêche » qui s’est tenu à Luxembourg les 23 et 24 avril derniers, la communication de la Commission européenne sur l’aquaculture visant à soutenir la croissance et la compétitivité de ce secteur. L’aquaculture est un aspect important de la Politique commune de la pêche de l’UE est l’une des grandes priorités de la présidence tchèque.
« L’aquaculture est la pêche de l’avenir. Si nous devons trouver en 2050 de la nourriture et des protéines pour une planète de neuf ou dix milliards d’habitants, l’aquaculture doit se trouver au centre de notre attention », affirme le ministre tchèque de l’Agriculture, Petr Gandalovič.
Lors du Conseil, le commissaire européen Joe Borg a présenté aux ministres la communication sur l’aquaculture soumise par la Commission au Conseil et au Parlement européen le 8 avril 2009. L’aquaculture est un élément important de la Politique commune de la pêche de l’UE et l’une des grandes priorités de la présidence tchèque. La première stratégie pour l’aquaculture, qui date de 2002, a contribué à la viabilité du secteur ainsi qu’à renforcer la sécurité et la qualité de la production. Ce secteur se trouve malheureusement depuis un certain temps plus ou moins en stagnation, et il est donc nécessaire de trouver des mesures permettant de soutenir sa croissance.
Alors que la consommation mondiale de poisson croît et qu’à l’inverse les stocks de certaines espèces diminuent ou sont en stagnation, l’aquaculture peut représenter une réponse à la demande croissante. « Presque la moitié de la consommation mondiale de poissons et d’animaux aquatiques est déjà aujourd’hui couverte par la production aquacole. La consommation européenne est d’environ douze millions de tonnes par an, dont 1,3 million est couvert par l’aquaculture. Cela implique des importations massives en provenance de régions dans lesquelles les conditions de production ne sont pas toujours à la hauteur des standards européens », ajoute Petr Gandalovič.
« Pour répondre à ces défis et devenir réellement la pêche de l’avenir, la production aquacole doit être durable », indique le premier adjoint au ministre de l’Agriculture, Ivo Hlaváč. « La production doit être respectueuse de l’environnement et les consommateurs doivent avoir la possibilité de la percevoir comme telle », dit-il. Un autre attribut important de l’aquaculture est selon lui sa compétitivité. Les crises affectant les carburants, les crédits et l’économie ont révélé l’importance des modèles commerciaux résistants et stables, principalement dans le cas de l’aquaculture marine. « Nous faisons face à des problèmes liés à la faiblesse des marges de profit et à l’insuffisance du pouvoir de marché des vendeurs et de la distribution », explique Ivo Hlaváč. « L’aquaculture dispose d’un potentiel important en tant que source de nourriture pour l’humanité, pouvant progressivement remplacer les produits de la pêche provenant de stocks de poissons en diminution constante dans les mers du monde. Pour tirer profit de ce potentiel, il est cependant nécessaire de soutenir l’entrepreneuriat dans ce secteur, de le moderniser et de renforcer sa compétitivité », Ivo Hlaváč.
Pour la majorité des États-membres, la poursuite du développement de l’aquaculture exige entre autres un soutien fondamental à l’entrepreneuriat dans ce secteur, une modernisation, une recherche appliquée fonctionnelle, ainsi que la mise en place de standards de qualité auxquels devront répondre les importations en provenance des pays tiers ou encore la prise des mesures efficaces contre les cormorans et autres prédateurs piscivores. Dans le cas du cormoran, une action coordonnée entre les ministères et le Conseil « Environnement » est nécessaire.
La discussion des documents se poursuivra au sein des organes de travail du Conseil alors que les conclusions du Conseil seront en cours de préparation, et les ministres y reviendront au mois de juin.
Pour la République tchèque, un État sans accès à la mer, l’aquaculture en eau douce correspond en substance à la pisciculture. Elle est néanmoins toute aussi importante également pour d’autres États membres de l’UE, pas uniquement des États ne disposant pas d’accès à la mer. La tâche des entreprises tchèques et européennes est donc de produire des produits à base de poisson à plus haute valeur ajoutée et répondant à la demande des consommateurs. Étant donné l’évolution historique et la situation actuelle, il est essentiel pour la République tchèque de sauvegarder le patrimoine historique des régions ayant une aquaculture traditionnelle et de soutenir les fonctions hors production des étangs en tant qu’instruments de prévention des inondations et de la sécheresse, y compris en réalisant les travaux d’extraction de la vase. Les autres points prioritaires sont la modernisation, la réalisation d’investissements en vue de renforcer la compétitivité et le programme de subventions suivant au delà de 2014, sachant que la protection de la biodiversité est un sujet tout aussi important.
Contact :
- Tereza Dvořáčková, porte-parole du ministère de l’Agriculture
- Tél. : +420 221 813 063, GSM : +420 737 213 030, E-mail : tereza.dvorackova@mze.cz
Last update: 16.8.2011 15:29