Histoire de l'architecture tchèque

Les pays tchèques ont constitué pendant des siècles un milieu multiculturel où se rencontraient les influences culturelles de plusieurs ethnies : à l’ethnie tchèque, originaire de la région, s’est ajoutée l’ethnie allemande qui a progressivement pris le dessus. Depuis la Renaissance, l’architecture du pays était sous l’influence croissante des Italiens qui avaient créé dans le quartier de Malá Strana à Prague une enclave autonome. Ce mélange ethnique a donné naissance dans les pays tchèques à une culture architecturale assez particulière qui s’est exprimée de façon spécifique et typiquement locale non seulement pendant la période gothique, mais aussi et surtout pendant la période du haut-baroque, sans oublier le début du 20e siècle.
 
Au début de l’existence politique de l’ethnie slave en Europe centrale, l’empire de Grande-Moravie (9e siècle) était tourné vers l’Est, c’est-à-dire vers l’Empire byzantin qui avait encore toute sa vigueur. Toutefois, après l’apparition de la principauté prémyslide (9e siècle - 1198) puis du royaume de Bohême (jusqu’en 1918), le nouvel État, concentré autour de Prague et faisant partie du Saint-Empire romain germanique, a commencé à faire une fois pour toutes partie intégrante de la culture occidentale.

Le gothique et la Renaissance

Prague a été à deux reprises la ville de résidence de l’empereur des Romains. Des artistes venus de toute l’Europe y affluaient, d’abord sous Charles IV (14e siècle) puis sous le règne de Rodolphe II du Saint Empire (16e–17e siècles). Sous le règne de Charles IV, Prague s’est trouvée être la ville possédant la cathédrale gothique géographiquement la plus à l’Est de l’empire, dont sa construction a d’abord été dirigée par Mathieu d’Arras puis par Peter Parler de Cologne. L’empereur Charles IV a également initié l’édification d’autres constructions importantes ainsi que celle d’un nouveau pont bâti à l’emplacement de l’ancien pont Judith, construit dans le style roman. Le nouveau pont de Prague a été paré de tours remarquables qui encore aujourd’hui, de même que la cathédrale Saint-Guy de Hradčany, façonnent la silhouette de Prague. Les chantiers séculaires entrepris sous le règne de Charles IV sont tout aussi importants, qu’il s’agisse de la transformation de la résidence royale au Château de Prague ou encore et surtout de la construction du château de Karlštejn et de sa chapelle Sainte-Croix abritant les joyaux de la Couronne.

Les pays tchèques comptent parmi les premières régions transalpines à avoir été influencées par la Renaissance italienne. Les premiers signes s’en sont fait sentir dès la fin du 15e siècle, que ce soit dans la salle Vladislav du Palais royal du château de Prague ou dans les constructions des familles nobles de Moravie. L’influence de la Renaissance culmine dans l’architecture du pavillon d’été royal, renommé plus tard en « Belvédère » et situé dans un jardin alors nouvellement créé. Cette construction relève de la Renaissance italienne pure, quoiqu’elle n’ait pas de vrai modèle directement en Italie. L’accueil favorable que les pays de la Couronne de Bohême ont réservé à la Renaissance et aux architectes italiens qui affluaient en grand nombre s’est traduit par la construction de châteaux dotés de cours à arcades richement décorées, ainsi que par l’aménagement des espaces intérieurs (par exemple le château de Bučovice ou le château de Litomyšl, remarquablement conservé et classé au patrimoine mondial de l’UNESCO).

Le baroque

La défaite des États de Bohême et de l’opposition protestante à la bataille de la Montagne blanche (Bílá hora, 17e siècle) a entraîné non seulement d’importants transferts de propriété et des changements dans la structure sociale et ethnique du pays, mais également un fort déclin politique privant le royaume de Bohême de son influence et le réduisant à l’état de simple province. C’est pourtant dans cette Bohême recatholicisée que le baroque italien le plus dynamique, produit dans le sillage de Guarini, s’est imposé avec plus de vigueur que dans n’importe quel autre pays en Europe, que ce soit dans l’église Sainte-Claire du monastère de Cheb, l’église bénédictine Sainte-Marguerite du monastère de Břevnov à Prague, ou encore à travers les édifices construits par le Praguois Kilián Ignác Dientzenhofer, fils du célèbre architecte Kryštof Dientzenhofer, parmi lesquels il convient de mentionner au moins l’église Saint-Nicolas de Malá Strana à Prague, joyau du haut baroque.

C’est sous l’influence d’abbés appartenant à des ordres religieux dont l’existence remonte à la période pré-hussite que la Bohême a donné naissance à une spécificité architecturale tchèque : la synthèse des styles gothique et baroque. Loin de simplement reprendre les détails gothiques, ce style a soumis ces derniers à une profonde transformation baroque. C’est ainsi que l’initiateur et principal représentant de ce style artistique, Jan Blažej Santini-Aichel (1677–1723), Suisse de troisième génération né à Prague, a en particulier remanié les monastères médiévaux. Peuvent être considérées comme des joyaux de l’architecture de ce style inconnu ailleurs, l’église du monastère de Kladruby ou encore l’église Saint-Jean-Népomucène de Žďár nad Sázavou, lieu de pèlerinage classé au patrimoine mondial de l’Unesco.

Le cubisme et le fonctionnalisme

Un autre style singulier d’origine tchèque et qui a enrichi le patrimoine de l’architecture mondiale est le cubisme architectural, issu de la tentative des architectes tchèques d’appliquer le cubisme, jusque là utilisé dans la peinture et la sculpture, à l’architecture. Plusieurs maisons cubistes ont été construites, au commencement, sous la colline de Vyšehrad à Prague, mais l’apogée de ce style est sans aucun doute symbolisé par la Maison à la Vierge noire (dům U Černé Matky boží), œuvre de Josef Gočár située dans la Vielle-ville de Prague (1912) et s’intégrant de façon incroyable aux bâtiments historiques environnants.

Les premières années de la Tchécoslovaquie indépendante (après 1918) ont encore donné naissance à un style architectural typiquement tchèque : le rondocubisme, renouant avec le cubisme de l’avant-guerre et lui aussi unique au monde. Le rondocubisme est parfois appelé le « style à arceaux » ou le « style de la
Legiobanka » (en référence à l’édifice de cette banque situé à Prague).

Il n’est donc pas étonnant que le style architectural privilégié de la nouvelle République tchécoslovaque de l’entre-deux-guerres ait été le fonctionnalisme, avec ses formes sobres et modernes. Le meilleur exemple de cette architecture nouvelle est le quartier résidentiel de Baba à Prague, dont les maisons ont été conçues par les plus grands architectes de ce mouvement. Dans la ville de Brno se trouve également l’une des œuvres fonctionnalistes les plus impressionnantes : la villa Tugendhat de l’architecte Ludwig Mies van der Rohe (monument UNESCO).

La République tchèque n’échappe pas, aujourd’hui non plus, aux tendances modernes de l’architecture mondiale, comme en témoignent notamment les nombreux projets d’architectes mondialement connus (Frank O. Gehry, Jean Nouvel, Ricardo Bofill, John Pawson ou Richard Meier) réalisés pour l’essentiel à Prague. D’un autre côté, les créations d’architectes tchèques sont également présentes partout dans le monde, par exemple en Grande-Bretagne (Eva Jiřičná, Jan Kaplický), au Canada ou encore en Chine (Jan Benda et Ivana Bendová).

Dernière mise à jour : 16.8.2011 16:00

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