Histoire du théâtre tchèque

La naissance du théâtre moderne tchèque est étroitement liée à la prise de conscience nationale. Le théâtre a en effet joué un rôle essentiel dans celle-ci et a acquis une forte fonction sociale qui a ensuite marqué toute son évolution.

Au début du renouveau national (à la fin du 18e siècle), le Théâtre patriotique (1786-1802) situé à un endroit de Prague appelé La cabane (Bouda) puis à U Hybernů, et pour lequel écrivaient des auteurs tchèques, est devenu le centre du théâtre joué en langue tchèque. Au Théâtre Nostic (rebaptisé plus tard « Théâtre des États », Stavovské divadlo), ouvert en 1783, les représentations en allemand étaient en revanche plus nombreuses que les représentations données en tchèque.

La génération des années 1830-1840, emmenée par l’écrivain J. K. Tyl sur le programme duquel les premières compagnies itinérantes tchèques se sont appuyées à partir de la fin des années quarante, a elle aussi souligné le rôle du théâtre dans le processus national d’émancipation et dans l’éducation morale de la communauté nationale.

En 1862, après de longues années d’efforts, la construction du Théâtre provisoire (Prozatímní divadlo) a enfin permis la création d’une institution théâtrale indépendante, et à partir des années 1860 de nombreuses compagnies itinérantes, troupes amateurs et nouvelles maisons de théâtre se sont constituées. En 1883, le somptueux bâtiment du Théâtre national, dont la construction a été en grande partie financée par des collectes organisées dans tout le pays, a été définitivement ouvert. Une activité théâtrale régulière a également commencé à se développer à Plzeň et à Brno, sachant que la majorité des théâtres pratiquait tous les genres (pièces de théâtre, opéra, opérette et ballet) et que ce modèle a survécu jusqu’à nos jours.

Depuis le début du 20ème siècle, le théâtre tchèque a toujours suivi les tendances de style directrices du moment : le réalisme psychologique, l’impressionnisme, le symbolisme (J. Kvapil, J. Wenig, E. Vojan, H. Kvapilová) ou l’expressionnisme (K. H. Hilar, V. Hofman).

Après la naissance de la Tchécoslovaquie indépendante (1918), le nombre de théâtres et de troupes a augmenté. Les écrivains Karel Čapek et František Langer, entre autres, ont connu un succès international. Au milieu des années 1920, l’évolution du théâtre tchèque a été influencée de façon décisive par l’apparition de petites scènes avant-gardistes de la jeune génération théâtrale, inspirées par les avant-gardes russe et française : Osvobozené divadlo, le « Théâtre libéré » (1925, les metteurs en scène étant J. Frejka et J. Honzl ; puis les pièces du duo d’auteurs et de comédiens J. Voskovec et J. Werich), ou encore le théâtre Dada et Moderní studio, le « Studio moderne ». Les oeuvres de E. F. Burian poétique théâtre synthétique a également influencé un grand nombre de metteurs en scène de l’après-guerre (Radok, Krejča) a marqué l’apogée de la tendance avant-gardiste.

Pendant l’occupation allemande, les théâtres ont apporté leur soutien à la résistance de la société tchèque par le biais de la défense des valeurs humanistes, mais ont tous été fermés en septembre 1944. Après la guerre, ils ont été confiés à l’administration publique (socialisation) et, suite au coup d’État communiste de février 1948, ont été soumis aux normes idéologiques du réalisme socialiste, devenu la seule méthode créatrice autorisée.

Le dégel politique amorcé après 1956 a donné un nouvel élan à la création théâtrale et entraîné la naissance de nouvelles scènes (les « petits théâtres »), qui se sont formées autour de fortes personnalités artistiques (la Reduta, les théâtres Divadlo Na zábradlí, Semafor). Dans les années 1960 sont ensuite apparus le Činoherní klub (le
« Club de théâtre »), le théâtre Divadlo za branou ou encore le Studio Y de Liberec.

Le Divadlo Járy Cimrmana (« Théâtre de Jára Cimrman ») conserve une place tout à fait particulière depuis sa création en 1967 : ses pièces de théâtre, mettant en scène un génie tchèque fictif parodiant le mythe national, lui assurent longévité et vitalité. Ladislav Fialka du théâtre Divadlo Na zábradlí a quant à lui ressuscité la pantomime et figure parmi les premiers au monde à avoir réalisé des spectacles de groupe dans ce genre théâtral.

À la fin des années 1950, la scénographie tchèque a connu des succès à travers le monde grâce aux œuvres de F. Tröster et de J. Svoboda et le spectacle Laterna magika (de J. Svoboda, E. Radok et A Radok), qui combine les approches théâtrale et cinématographique, a également acquis une renommée internationale.
 
Les mises en scène de A. Radok, O. Krejča, J. Grossman ou J. Kačer ainsi que les pièces de V. Havel, M. Kundera, J. Topol et L. Smoček ont, dans l’atmosphère de réforme des années soixante, assuré au théâtre tchèque un excellent niveau.

Après la suppression du mouvement réformiste tchécoslovaque par les armées du Pacte de Varsovie et pendant la restauration du régime totalitaire qui s’est ensuivie, la continuité de l’évolution théâtrale a été violemment interrompue. De nombreuses personnalités du monde du théâtre n’ont plus eu la possibilité de travailler et le centre naturel de l’activité théâtrale a quitté les grandes scènes étroitement surveillées de Prague et de Brno pour s’installer dans les studios de théâtre (le théâtre Divadlo na provázku de Brno, le théâtre HaDivadlo de Prostějov, le Činoherní studio (« Studio de théâtre ») d’Ústí nad Labem) et sur les scènes de province. Le devant de la scène a alors commencé à être occupé par les spectacles de pantomimes (C. Turba, B. Hybner, B. Polívka) et de marionnettes (Drak – le « Dragon », Naivní divadlo, le
« Théâtre naïf »), enrichissant l’héritage du théâtre de marionnettes traditionnel par l’animations d’objets les plus divers et la combinaison de marionnettes et de comédiens vivants.

À partir de la seconde moitié des années 1980, la pression idéologique s’est affaiblie et les pièces dénonçant le régime ont commencé à être de plus en plus jouées dans les théâtres – d’abord en catimini puis au grand jour. En novembre 1989, le monde du théâtre s’est immédiatement associé à la grève des étudiants et ensemble, conjointement avec les dissidents et emmenés par l’écrivain V. Havel, ils ont joué un rôle décisif dans le déroulement de la révolution « de velours ».

Après la révolution, l’autorité artistique des grandes scènes de théâtre n’a pas réussi, à quelques exceptions près, à être renouvelée. La solide génération montante des nouveaux metteurs en scène (P. Lébl, J. A. Pitínský, H. Burešová, V. Morávek ou J. Nebeský) s’est imposée dans les petits théâtres souvent nouvellement formés, et ces dernières années se caractérisent par le développement de disciplines marginales, notamment du théâtre de mouvement, du théâtre dansant et des spectacles mettant en valeur les arts plastiques.

L’opéra tchèque

La tradition moderne de l’opéra en langue tchèque remonte au tournant des 18e et 19e siècles, à l’époque où les représentations des œuvres allemandes et italiennes traduites en tchèque (1794, La Flûte enchantée de Mozart) se sont faites plus nombreuses.

L’année 1826, au cours de laquelle a été jouée la Première de l’opéra de František Škroup Dráteník (« Le raccommodeur »), constitue un tournant dans l’histoire de la création tchèque originale. C’est en effet à partir de ce moment-là que s’est constitué un chœur d’opéra tchèque dans le cadre de l’opéra allemand du Stavovské divadlo
(« Théâtre des États ») de Prague.

L’ouverture du Prozatímní divadlo (le « Théâtre provisoire ») en 1862 a permis à la génération de compositeurs accomplis représentée par Bedřich Smetana et Antonín Dvořák de forger les bases de la création et de l’interprétation de la culture du théâtre lyrique du pays, le Národní divadlo (« Théâtre national ») ayant doté l’opéra d’un orchestre expérimenté et de possibilités modernes de mise en scène.

Dans les années 1920, le compositeur Leoš Janáček a connu le succès à l’étranger et en 1938, grâce à la première de l’opéra de Bohuslav Martinů « Juliette ou la clé des songes » interprétée sous la direction de Václav Talich, le Théâtre national de Prague a gagné sa place au sein des grandes scènes européennes. Après la période d’après-guerre, pendant laquelle même l’opéra a été négativement touché par l’idéologie officielle, de fortes personnalités se sont imposées à partir des années 1960 en particulier parmi les metteurs en scène (Václav Kašlík, David Radok après 1990) et les scénographes (Josef Svoboda). La génération de compositeurs la plus accomplie d’aujourd’hui est représentée par Petr Eben (Jeremiah, 1997).

Dernière mise à jour : 16.8.2011 16:01

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