Déclaration de la présidence au nom de l'UE sur les droits de l'homme en Iran
Déclaration de la présidence au nom de l'UE sur les droits de l'homme en Iran, à l'occasion du 33e anniversaire du Pacte international relatif aux droits civils et politiques.
Tout en se félicitant des progrès accomplis par le peuple iranien dans le domaine social, ainsi que celui de l'éducation ou de la culture, l'Union européenne souhaite exprimer sa préoccupation concernant les violations par la République islamique d'Iran du Pacte international relatif aux droits civils et politiques, qu'elle a signé et ratifié.
Au nombre de ces violations figurent les arrestations arbitraires, le harcèlement et d'autres mesures répressives prises contre un certain nombre de militants des droits des femmes signataires de la pétition "Un million de signatures" et le mouvement Maydaan. L'Union européenne condamne fermement ce harcèlement et demande aux autorités iraniennes de libérer Alieh Aghdam-Doust et Ronak Safarzadeh et d'abandonner les charges pesant contre Nafiseh Asad pour leur participation à une campagne pacifique en faveur de l'égalité entre les hommes et les femmes.
L'Union européenne constate une tendance préoccupante à l'augmentation des entraves à la liberté d'expression et de réunion des Iraniens. Des défenseurs des droits de l'homme, des journalistes, des étudiants, des syndicalistes et d'autres citoyens exprimant pacifiquement leurs avis ou leurs opinions sont souvent poursuivis pour de vagues raisons de sécurité publique. Dans certains cas, ces personnes se voient refuser l'accès à leurs représentants légaux et ceux qui les défendent, comme le Centre des défenseurs des droits de l'homme, se heurtent à des obstacles dans l'exercice de leur activité légitime.
À cet égard, l'Union européenne demande de toute urgence à l'Iran d'annuler les peines prononcées contre deux spécialistes du VIH, les frères Arash et Kamiar Alaei, condamnés respectivement à six et trois ans de prison. L'Union européenne demande également instamment aux autorités iraniennes d'autoriser la réouverture du Centre des défenseurs des droits de l'homme et d'annuler les peines de prison prononcées contre plusieurs (dix) journalistes et blogueurs, dont elle a précédemment transmis les noms aux autorités iraniennes, ou d'abandonner les poursuites dont ces personnes font l'objet.
L'Union européenne demande aussi aux autorités iraniennes d'abandonner les poursuites intentées contre des étudiants de l'université de Chiraz, dont au moins dix-huit ont été en outre empêchés de poursuivre leurs études à la suite de leur participation au rassemblement pacifique organisé lors de la Journée nationale des étudiants. L'Union européenne demande également la pleine jouissance de la liberté de mouvement, y compris le droit de quitter le pays, en particulier pour M. Saïd Razavi Faghih, un ancien militant étudiant, condamné par défaut pour ses activités pacifiques et dont le passeport a été confisqué par les autorités iraniennes.
L'UE reste disposée à s'investir dans une coopération constructive dans tous les domaines, y compris le dialogue sur les droits de l'homme, et invite l'Iran à se conformer à ses engagements internationaux, notamment ceux découlant du Pacte international relatif aux droits civils et politiques, dont on célèbre ce lundi le 33e anniversaire de l'entrée en vigueur.
La Turquie, la Croatie* et l'ancienne République yougoslave de Macédoine*, pays candidats le Monténégro, pays du processus de stabilisation et d'association et candidat potentiel, l'Islande, le Liechtenstein et la Norvège, pays de l'AELE membres de l'Espace économique européen, ainsi que l'Ukraine et la République de Moldavie se rallient à la présente déclaration.
* La Croatie et l'ancienne République yougoslave de Macédoine continuent à participer au processus de stabilisation et d'association.
Contact :
- Zuzana Opletalová, porte-parole du ministère des Affaires étrangères
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Dernière mise à jour : 19.3.2009 10:33