Douze remarques concernant les efforts de la présidence tchèque d’ouvrir le débat sur les objectifs de Barcelone

La réaction de la présidence tchèque à la critique de la part du Parlement européen.

1. La présidence tchèque ne propose pas, comme il est interprété par erreur, une modification concrète des objectifs de Barcelone. Elle ne cherche qu’à entamer un débat à ce sujet. La raison en est simple. Les objectifs de Barcelone ont été adoptés lors du Conseil européen en 2002 sans la participation de nouveaux États-membres. Il est ainsi logique que la présidence tchèque s’efforce à ouvrir un débat avec la participation des nouveaux États-membres sur une problématique suscitant les opinions controversées dans de différents pays.

2. Les objectifs de Barcelone, y compris l’objectif de placer d’ici 2010 33 pour cent d’enfants âgés de moins de 3 ans dans des établissements de prise en garde collective, ne font pas partie du droit primaire de l’UE, mais représentent un engagement purement politique, car la politique de la famille ne relève pas de la compétence exclusive de l’UE et les États exercent en cette matière leur pouvoir souverain.

3. La majorité des États membres de l’UE ne remplissent et ne rempliront pas les objectifs de Barcelone dans le domaine des soins aux enfants. La République tchèque fait également partie de ces États.

4. La présidence tchèque ne met pas en cause les objectifs en matière de la politique de l’emploi. Elle est seulement convaincue qu’en fixant ces objectifs, il faut prendre en considération aussi d’autres facteurs, telle la liberté de la famille et l’intérêt de l’enfant. En outre, il n’est pas possible de se concentrer exclusivement aux indices quantitatifs et de ne pas prendre en considération la qualité de tels établissements.

5. Bon nombre d’États ayant adhéré à l’UE en 2004 peuvent offrir leur expérience spécifique avec un système des crèches développé sous le régime totalitaire. La République tchèque en fait partie. Toute une série d’études élaborées à l’époque où près d’un quart d’enfants ont été placés dans ces établissements précisent notre connaissance des impacts des soins collectifs. Il faut également respecter la recherche pédiatrique et psychologique des incidences des soins collectifs menée au monde entier. Il serai ainsi approprié de soumettre les objectifs à une nouvelle discussion qui reflèterait les résultats de nouvelles recherches mais aussi l’expérience apportée par les nouveaux États-membres.

6. La présidence tchèque juge nécessaire de promouvoir le prestige du rôle de parent et de reconnaître la garde non-rémunérée des jeunes enfants par un parent à leur domicile comme une activité socialement significative. C’est le seul moyen d’éliminer le stéréotype traditionnel consistant dans l’idée que la femme qui s’occupe de ses enfants « ne fait rien » et le seul qui travaille  est l’homme nourricier.

7. La présidence tchèque se base sur le principe de la liberté des familles. Il faut laisser la décision sur la forme des soins aux familles elles-mêmes. Le choix des soins aux enfants à domicile ne devrait pas être automatiquement perçu comme incorrect.

8. Conformément au principe de subsidiarité, la République tchèque respecte l’exclusivité des politiques nationales dans le domaine des soins aux enfants. La présidence tchèque ne met pas en doute les projets des différents États visant à augmenter le nombre des établissements de prise en charge collective des enfants, un État-membre ne peut par contre pas être critiqué de manquer à remplir ces objectifs.

9. Il serait inutile d’imposer le même nombre d’établissements de prise en charge collective sans prendre en compte les besoins et souhaits spécifiques des familles, la demande ainsi que l‘expérience historique. Même à l’époque communiste un maximum de 24% d’enfants tchèques de moins de 3 ans étaient placés en crèches, et ce malgré toutes les initiatives de l’État visant à augmenter leur nombre. Après la chute du régime communiste l’attitude des familles a rapidement changé et en conséquence d’une baisse de la demande le nombre d’enfants placés en crèche est tombé à 0,5 – 2%. Le texte même des objectifs de Barcelone stipule qu’ils doivent être atteints en respectant la demande et les usages nationaux. La construction d’un système onéreux de prise en charge collective des enfants sans qu’il existe une demande serait dans ce cas-là complètement inutile. L’État serait obligé de mettre en place des mécanismes de coercition pour assurer que les enfants soient placés en crèche, et cela au détriment de la liberté des familles (raccourcissement du congé parental, réduction des allocations familiales, etc.).

10. Le gouvernement tchèque même soutient le développement des soins non parentaux aux jeunes enfants. Dans le cadre du paquet « Famille » sont adoptées des mesures de soutien aux approches innovantes des soins aux enfants. Il ne croit cependant pas que la construction d’établissements publics de prise en garde collective administrés par l’État selon le modèle communiste soit le bon chemin à prendre. Il préfère le modèle où les moyens financiers sont alloués directement aux familles qui ont elles-mêmes la possibilité de décider si elles auront recours aux services de soins non parentaux ou non.  En plus, le principe de subsidiarité est également respecté au niveau national et le développement des crèches et des écoles maternelles relève dans ce sens des compétences non pas de l’État, mais des municipalités et des autorités régionales.

11. En même temps la République tchèque soutient massivement la garde des enfants par un parent à leur domicile de même qu’une allocation (dans le cas des soins « classiques » de trois ans) étant à peu près égale au salaire minimum. Elle remplit ainsi, comme un des rares pays membres de l’UE,  le principe selon lequel le travail dans la famille peut être perçu comme une activité économiquement pertinente. Il n’est pas sans importance que l’agenda de Pékin, quant à lui,  exprime la revendication de quantifier le prix réel de ces soins qui peuvent être considérés comme un produit économique.

12. La République tchèque ne souhaite, en aucun cas, faire retourner les femmes de leur emploi au foyer. Elle souhaite cependant se pencher sur les problèmes des parents qui préfèrent rester à domicile avec leurs enfants jusqu’à l’âge de trois ans. Ces gens qui, même si nous atteignons hypothétiquement les objectifs de Barcelone, représenteront deux tiers de la population ont leurs problèmes à eux et ne peuvent pas être ignorés exclusivement en faveur de l’aide offerte par l’État à ceux qui ont décidé de placer leurs enfants en crèche.

  • Contact

Jana Říhová
Porte-parole du ministère du Travail et des Affaires sociales
Tél.: +420 221 922 249
GSM: +420 725 761 147
E-mail: jana.rihova@mpsv.cz

Dernière mise à jour : 16.8.2011 15:47

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