À Prague se sont réunis les directeurs « Nature » de toute l’UE
Dans le cadre de la présidence tchèque du Conseil de l’UE s’est tenue du 8 au 10 juin à Prague la réunion des directeurs des institutions nationales chargées de la protection de la nature. Il s’agit d’une réunion traditionnelle qui se déroule sous chaque présidence.
Lors de ces réunions, les directeurs des départements de la protection de la nature des ministères de l’Environnement des États-membres et des agences nationales pour la protection de la nature, ont la possibilité de discuter des questions essentielles relatives à la mise en œuvre des directives « Oiseaux » et « Habitats », deux textes européens essentiels dans le domaine de la protection de la nature. La réunion a vu la participation des représentants de 25 États membres de l’UE, de la Norvège et des pays candidats, à savoir la Croatie et la Turquie. Ont également accepté l’invitation à la réunion les représentants des grandes organisations et associations internationales tant gouvernementales que non gouvernementales, telle l’Agence européenne pour l’environnement (AEE), l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), WWF, Birdlife International, ou encore les représentants de l’Organisation européenne des propriétaires fonciers (ELO) ou de la Fédération des Associations de chasse et conservation de la faune sauvage de l’UE (FACE).
Les discussions ont été consacrées à la mise en œuvre pratique des deux directives. Les directeurs ont en particulier discuté de deux questions essentielles : celle de l’évaluation des projets dans le cadre desquels il n’est pas possible d’exclure des incidences significatives sur les sites du réseau Nature 2000 en tant qu’une exigence fondamentale de la directive « Habitats », et celle de l’état actuel d’avancement de la mise en œuvre du suivi et de l’évaluation des données permettant de soumettre à la Commission européenne les rapports d’évaluation sur l’état de la nature européenne.
En ce qui concerne l’évaluation des projets dans le cadre desquels il n’est pas possible d’exclure des incidences significatives sur les sites Nature 2000, les États-membres se sont entendus sur le fait qu’à l’heure actuelle les informations sur la mise en œuvre et le respect de cette obligation dans les différents États-membres ne sont pas disponibles. Il a découlé de la discussion qu’il est nécessaire d’échanger de façon régulière et suffisante les informations entre les États-membres (en particulier entre les États voisins), sous la coordination et la conduite méthodique de la Commission européenne. La République tchèque a montré par le biais des exemples des personnes autorisées aux termes de la loi tchèque sur la protection de la nature et du paysage, comment ces exigences sont-elles respectées en République tchèque ; son approche étant considérée par de nombreux États-membres comme une source d’inspiration.
À propos du deuxième point, les États-membres ont souligné que la question clé est celle d’assurer un financement suffisant de la collecte et de l’évaluation des données concernant la nature européenne au niveau des différents pays. Les participants ont également discuté de la possibilité de cofinancement de ces activités sur fonds européens. Ils se sont en même temps entendus sur la nécessité d’harmoniser de façon substantielle le processus et les méthodologies afin d’obtenir à l’avenir des informations permettant une évaluation suffisamment objective de l’état et du développement de la nature dans l’ensemble de l’UE. À cet égard, la Commission européenne a souligné l’approche systématique de la République tchèque lors de la collecte et de l’évaluation des données réalisées par l’Agence pour la protection de la nature et du paysage de la République tchèque en collaboration avec des ONG, telles que l’Association ornithologique tchèque. Lors de cette partie des discussions, les participants se sont entendus sur le fait que la République tchèque assurera et évaluera les informations concernant l’état de mise en œuvre de ce projet dans les différents États-membres qui serviront de point de départ pour les discussions ultérieures.
La présidence tchèque a poursuivi les discussions ouvertes lors de la réunion correspondante organisée sous la présidence française concernant les questions liées à la connectivité, c’est-à-dire l’interconnexion des différents éléments éco-paysagers. Elle a présenté l’évaluation des questionnaires qui avaient été envoyés aux différents États-membres et qui révèlent que de nombreux pays mettent en pratique le concept de « réseaux écologiques » solidement ancré dans la loi et dont ils financent la réalisation. Or, dans une grande partie des États-membres, un tel concept fait défaut. La présidence a recommandé à la Commission européenne de partir, dans ses réflexions sur le concept de l’« infrastructure verte », d’une base des instruments existant dans les États-membres avant de proposer de nouveaux instruments et devoirs.
La Commission européenne a ouvert, avec la prochaine présidence suédoise, le débat sur la définition des objectifs dans le domaine de la protection globale de la biodiversité après 2010 et a apprécié l’action de la présidence tchèque lors de l’élaboration des conclusions du Conseil concernant le plan d’action de l’UE en faveur de la biodiversité visant à trouver une solution au problème des espèces invasives, qui devraient être adoptées par le Conseil « Environnement » lors de sa réunion de 25 juin à Luxembourg.
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- Jakub Kašpar, Porte-parole et directeur du département Relations avec le public et Communication
- Ministère de l’Environnement de la République tchèque
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Dernière mise à jour : 16.8.2011 15:19