Conférence de l’OCDE : une agriculture durable, suffisamment d’aliments de qualité et un plus pour le paysage
Les experts des pays membres de l’OCDE se sont réunis entre le 6 et le 8 avril à Prague pour une conférence consacrée aux « défis de la recherche agricole ».
Cette conférence était l’occasion d’échanger des informations sur les dernières découvertes scientifiques dans les domaines tels que la protection des ressources naturelles, en particulier du sol et de l’eau, l’agriculture durable pour la production alimentaire et la protection de l’environnement, la concurrence dans les secteurs de la production alimentaire et des carburants, la sécurité alimentaire ainsi que la régulation des progrès en matière de génétique moléculaire. Cette prestigieuse manifestation internationale a été ouverte par Jiří Urban, adjoint au ministre de l’Agriculture chargé de l’Environnement, de la Recherche et de l’Éducation.
Le thème central de la conférence était la problématique d’une agriculture durable, de son contenu et de ses formes dans des conditions climatiques, économiques, sociales et de sol différentes. « L’objet des projets de recherche devrait refléter les priorités et défis actuels de la politique agricole européenne, à savoir l’agriculture durable, le changement climatique ou la qualité et la sécurité des aliments. L’un des nombreux moyens de réagir de manière flexible à ces thèmes peut être l’utilisation des plateformes technologiques qui rassemblent des institutions de recherche, des agriculteurs et des représentants de l’administration publique », a souligné Jiří Urban à l’ouverture de la conférence.
Le prix du développement rapide de la production agricole au cours des dernières décennies est un impact défavorable sur l’environnement. Le problème mondial est la dégradation de la biodiversité qui affecte principalement les régions des zones tempérées. La réduction de la biodiversité non seulement est liée aux évolutions de l’écosystème dans un endroit donné, mais aussi influence considérablement les écosystèmes éloignés. Une solution possible est celle du partage foncier (land sharing), une partie de la surface étant exploitée en vue d’une production agricole intense et une autre partie réservée à la conservation de la diversité biologique ; ou bien encore la solution de l’agriculture écologique, qui prend en considération au maximum l’exploitation des processus naturels et met l’accent sur la conservation et le soutien des qualités d’autorégulation de l’agrosystème ; elle réduit par ailleurs autant que possible les apports tels les engrais, les pesticides, et interdit l’utilisation des régulateurs et des hormones de croissance. La recherche agricole devrait ainsi avoir pour objectif de rechercher de nouvelles impulsions pour la formation de cette agriculture productive qui en même temps n’affecterait pas la biodiversité de l’écosystème. Une agriculture fondée sur la connaissance détaillée de l’écosystème d’un site donné et adaptée aux conditions locales peut être la solution aux problèmes majeurs de la politique agricole actuelle, à savoir la dégradation de la biodiversité ou le changement climatique.
Étant donné la croissance de la population humaine, les estimations indiquent que d’ici 2030 la consommation de produits alimentaires augmentera à l’échelle mondiale de 50 % par rapport à la situation actuelle. La surface des terres utilisables pour l’agriculture étant presque épuisée, la demande accrue en denrées alimentaires devra être satisfaite principalement par la croissance de la productivité agricole et en particulier par l’augmentation du rendement des cultures. Or, une contribution significative peut justement être apportée par la recherche agricole.
Un autre thème discuté a été celui de la génétique moléculaire et des organismes génétiquement modifiés. Pour les animaux, la modification génétique consiste en une intervention dans leur génome, alors que pour les clones, il s’agit de la production de copies d’un individu. Ces deux approches, d’après les participants à la conférence, offrent des possibilités énormes. Que ce soit quant à la résistance à certaines maladies, par exemple la maladie de la vache folle, ou en raison de l’influence positive qu’elles ont sur la qualité des produits issus des animaux génétiquement modifiés. Leur apport pour la protection des espèces animales menacées (les ressources génétiques animales – FAO) est assurément incontestable. En République tchèque, les animaux d’élevage ne peuvent être clonés, mais notre recherche dans ce domaine est à un niveau mondial. Parmi les grandes contributions apportées par la République tchèque figurent la production des premiers clones inter-espèces du monde, la clarification du rôle du noyau lors du clonage et le développement des méthodes de conservation des matériels génétiques.
Les pertes occasionnées dans la production végétale par les maladies et organismes nuisibles sont estimées à 25 % - 40 % avec les moyens contemporains de protection des végétaux. Sans cette protection, les pertes pourraient, d’après les estimations, s’élever jusqu’à 80 %. Dans ce domaine, l’exploitation de végétaux génétiquement modifiés peut par conséquent se révéler être un instrument très efficace car elle limite l’utilisation des pesticides synthétiques. Une nouvelle directive de l’UE est en cours de préparation dans le domaine de la lutte intégrée contre les ennemis des cultures, elle devrait entrer en vigueur à partir de 2014.
Au cours de la conférence ont en outre été présentés les programmes 21st Century Green Revolution et Millennium Villages dont l’objectif est d’accroître la productivité agricole dans les pays en voie de développement. Ces programmes ont souligné le besoin en engrais minéraux, en subventions pour leur achat et la nécessité de prêts qui seraient accordés par les pays développés. Le programme Millennium Villages porte également sur les sources d’eau potable, les programmes scolaires, le soutien aux petites entreprises, les micro-banques et les emprunts. Aider les pays africains de cette façon est beaucoup plus efficace que l’aide alimentaire à court terme.
Contact :
- Tereza Dvořáčková, porte-parole du ministère de l’Agriculture
- Tél. : +420 221 813 063, GSM : +420 737 213 030, E-mail : tereza.dvorackova@mze.cz
Dernière mise à jour : 16.8.2011 15:33