La résolution du problème du déclin dans le secteur laitier peut passer par la stimulation de la demande et la restructuration du secteur
La résolution du problème du déclin dans le secteur laitier peut passer par la stimulation de la demande et la restructuration du secteur, pas par de nouvelles interventions sur le marché En dépit de toutes les mesures prises en vue de stabiliser le marché du lait, la situation dans ce secteur demeure tendue. C’est ce que sont venus exprimer lundi plusieurs centaines d’agriculteurs européens devant le bâtiment dans lequel le Conseil « Agriculture et Pêche » se réunit à Luxembourg. Le ministre tchèque de l’Agriculture et actuel président du Conseil, Jakub Šebesta, a discuté, accompagné du commissaire européen chargé de l’Agriculture et du Développement rural, Mariann Fischer Boel, avec les représentants des manifestants ; il a également organisé un déjeuner de travail des ministres sur le thème de la situation dans le secteur du lait. Le déclin dans ce secteur a depuis le début donné lieu à la recherche tout aussi intensive d’instruments susceptibles d’aider les producteurs de lait à surmonter cette période difficile. Selon la Commission, les difficultés persistantes ne sont plus causées uniquement par la surproduction mais aussi par la crise économique mondiale. L’attention devrait par conséquent être portée sur la stimulation de la demande, la restructuration du secteur et la transparence des relations avec les chaînes de distribution.
D’après le ministre J. Šebesta, la présidence tchèque a bien conscience de la situation compliquée dans laquelle se trouvent les producteurs de lait européens. « La présidence tchèque du Conseil de l’UE s’est intensivement consacrée à cette question tout au long des six mois de son mandat et offre à ce sujet un espace maximal lors des réunions du Conseil. Au-delà du cadre du Conseil, la présidence est en contact régulier avec le commissaire européen Mariann Fischer Boel, elle s’entretien avec les ministres compétents des différents États-membres, et négocie également avec les représentants des unions professionnelles et des organisations à but non lucratif », a indiqué le ministre. « Nous voulons croire que malgré la crise financière actuelle les producteurs européens parviendront, avec le soutien de la Commission et des gouvernements des différents États-membres à surmonter les difficultés et que le lait européen conservera sa position sur les marchés mondiaux. »
Le rapport présenté par la Commission révèle que dans l’année contingentaire 2008/09 la production a baissé par rapport à l’année précédente de 0,6 %, des différences existant entre les États-membres. En avril, avec le début de la nouvelle année contingentaire, la production a toutefois légèrement augmenté, ce à quoi vient s’ajouter la concurrence des grands producteurs des pays tiers, la baisse depuis un certain temps des exportations, ainsi que la difficulté d’accéder aux crédits. Les données d’Eurostat montrent une baisse de la demande en particulier s’agissant des produits à plus forte valeur ajoutée, tels les formages et les produits fermentés.
Grâce notamment à l’attention accordée par la présidence tchèque aux moyens de résoudre la crise, toute une série d’instruments ont pu être mis en service, par exemple les achats d’intervention sous la forme d’appels d’offres, les subventions à l’exportation et l'aide au stockage privé, des instruments dont la durée et les paramètres en volume ont déjà été relevés par la Commission. Les subventions à l’exportation ont été relevées pour la dernière fois par la Commission la semaine dernière. Le seul instrument dont la Commission dispose mais qui jusqu’à présent n’a pas été utilisé est celui de la transformation du lait écrémé en caséine ou son utilisation dans l’alimentation animale. Le commissaire européen Mariann Fischer Boel estime toutefois que son utilisation n’aurait pas été efficace. Globalement, les instruments élaborés par la Commission ont permis de retirer du marché de l’Union l’équivalent de 1,6 % de la production communautaire annuelle totale de lait. Selon Mariann Fischer Boel, ces interventions ont cependant atteint leurs capacités maximales. L’Union doit respecter les conditions des interventions sur le marché entendues dans le cadre de l’Organisation mondiale du commerce.
Le commissaire européen Mariann Fischer Boel a exprimé lundi la conviction que les problèmes persistants dans le secteur laitier ne sont pas tant causés aujourd’hui par la surpression sur le marché que par la récession mondiale et la difficulté pour les producteurs de lait d’accéder aux crédits et aux garanties des banques. Elle a également clairement rejeté toute modification éventuelle de la réforme, en cours depuis 1992, du système des quotas dans le secteur laitier. « La situation actuelle sur le marché du lait n’est pas liée aux quotas. Les prix bas sont dus à la combinaison de la chute de la demande, en particulier en produits à plus forte valeur ajoutée, et du renforcement de la concurrence des principaux exportateurs situés en dehors de l’UE », a déclaré Mariann Fischer Boel qui a en même temps reconnu que le prix d’achat du lait aux environs de 24 cents le litre n’est pas tenable à long terme. Les mesures adoptées jusqu’à présent ont selon elle permis de stopper la chute des prix, même si des différences importantes existent toujours dans l’Union.
La situation dans le secteur laitier a également été portée à l’ordre du jour de la réunion de juin du Conseil européen qui a confié à la Commission la tâche d’élaborer une analyse détaillée dans un délai de deux mois et de proposer de nouvelles mesures en vue de stabiliser le marché.
Contact :
- Tereza Dvořáčková, porte-parole du ministère de l’Agriculture
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Dernière mise à jour : 16.8.2011 15:18