Les Hommes ne souffrent pas, dans le monde entier, de la faim à cause du manque de nourriture, mais à cause de son inaccessibilité

Les discussions, jeudi à Prague, des représentants permanents des pays membres de l’UE auprès de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) portent sur les moyens d’assurer la sécurité alimentaire. Plus que le manque de denrées, il ressort des débats que la nourriture est difficilement accessible que ce soit en raison des obstacles au commerce, des problèmes d’infrastructures, du manque d’informations, d’expériences ou encore, bien entendu, d’argent dans les zones les plus pauvres. Les débats portent par exemple sur la tenue du Sommet sur la sécurité alimentaire mondiale prévu pour le mois de novembre à Rome, sur les tâches du Partenariat mondial pour l’agriculture et la sécurité alimentaire, ainsi que sur la 136e session du Conseil de la FAO qui aura lieu sous la présidence tchèque, du 15 au 19 juin 2009.

« Assurer la sécurité alimentaire en particulier dans les pays en voie de développement est un impératif mentionné probablement lors de chaque forum international. La FAO, malgré toutes ses imperfections manifestes, est l’institution la plus à même d’accomplir cette tâche », indique M. Hlaváč, adjoint au ministre tchèque de l’Agriculture. « Il est évident que seule une approche coordonnée peut apporter des résultats. La coopération au développement doit être de nature à aider les pays en voie de développement à lancer ou accroître leur propre production alimentaire, par exemple par le biais d’investissements dans les infrastructures, d’une amélioration de la gestion des terres et de l’eau et surtout de la formation des agriculteurs et de la mise en place de technologies modernes. »

Selon l’adjoint au ministre, I. Hlaváč, le rôle de l’agriculture dans le cadre de la coopération au développement devrait donc être renforcé. « Les projets de développement dont l’objectif est de garantir une production alimentaire propre aux pays en voie de développement et qui se révèlent efficaces devraient être poursuivis. Mais il est en même temps nécessaire de rechercher des voies susceptibles de permettre un accroissement de l’efficacité de la coopération au développement et de l’aide humanitaire, et d’améliorer l’interconnexion entre les politiques de développement, commerciales, environnementales et autres », indique I. Hlaváč. Il est selon lui fondamental de mener à terme les débats relatifs à l’Agenda de Doha pour le développement (ADD) et à l’Organisation mondiale du commerce (OMC). « Poursuivre la libéralisation du commerce mondial rendra celui-ci plus intense », ajoute I. Hlaváč.

Le séminaire a été ouvert par l’ancien commissaire européen chargé de l’Agriculture et du Développement rural, Franz Fischler, qui s’est efforcé dans son intervention d’identifier les racines de l’insuffisance de nourriture dans le monde et les raisons pour lesquelles les démarches entreprises jusqu’à présent n’ont pas eu l’effet escompté. Près de la moitié de la population mondiale doit se contenter de moins de deux dollars et demi par jour. C’est aussi pour cela que l’un des Objectifs du Millénaire pour le développement est d’éradiquer la pauvreté et de réduire de moitié le nombre de personnes touchées par la famine à l’échelle mondiale d’ici 2015. Environ 70 % de ces habitants les plus pauvres vivent en zone rurale. Paradoxalement, comme l’a souligné F. Fischler, les agences de développement opèrent et centrent leurs activités principalement dans les agglomérations urbaines. Ceci est peut-être l’une des raisons expliquant la lenteur des progrès réalisés dans le domaine de la lutte contre la pauvreté et la faim. Les pays en voie de développement d’ores et déjà confrontés à de graves problèmes dans leur propre production agricole sont aussi les zones qui seront les plus touchées par les conséquences du changement climatique. Les agriculteurs du monde entier ont à l’avenir pour mission de doubler la production agricole tout en réduisant la consommation d’eau. À l’échelle mondiale, l’eau est en effet toujours gaspillée, les agriculteurs ne connaissent pas en général sa vraie valeur et la consommation croissante d’eau dans les villes rend ce problème encore plus ardent. Selon F. Fischler, l’UE plaide en faveur d’une responsabilité mondiale et d’une sécurité alimentaire allant de paire avec la sécurité environnementale. Le changement d’orientation de la Politique agricole commune est de ce point de vue une évidence.

La session du Conseil de la FAO doit par exemple permettre le débat du Plan stratégique et du Programme d’activité à moyen terme de la FAO (2010-2013) ainsi que du projet de nouveau calendrier des sessions des comités de la FAO pour 2010-2011. La discussion sur le Partenariat mondial pour l’agriculture et la sécurité alimentaire a débuté lors de la réunion du G8 à Toyako. Le Partenariat mondial est considéré comme étant le seul forum international consacré à l’alimentation, l’objectif étant qu’il puisse gérer le budget relativement important alloué pour assurer la sécurité alimentaire. L’UE veut bâtir le Partenariat mondial sur les bases existantes de la communauté internationale, sans financement ni formalités administratives supplémentaires.
Le Sommet sur la sécurité alimentaire mondiale devrait, sur proposition du directeur général et sous l’égide de la FAO, se dérouler dans le cadre de la Conférence de la FAO (du 14 au 21 novembre 2009) à Rome. La décision définitive concernant sa tenue sera prise à la session du Conseil de la FAO, et plus précisément ce thème sera discuté en session plénière le 17 juin prochain.

La réunion du sommet devra le cas échéant s’appuyer sur les résultats de la Conférence de haut niveau « How to Feed the World in 2050 », qui se déroulera les 12 et 13 octobre 2009 au siège de la FAO à Rome. La tenue du sommet n’a toutefois pas reçu le soutien des États-Unis, du Canada, ni même de l’UE, dont les États-membres se sont mis d’accord pour ne pas accorder leur soutien à cette manifestation lors de la réunion du groupe de travail pour la coordination de la FAO à Bruxelles et de la réunion des représentants permanents auprès de la FAO à Rome.


Contact :

  • Tereza Dvořáčková, porte-parole du ministère de l’Agriculture
  • Tél. : +420 221 813 063, GSM : +420 737 213 030, E-mail : tereza.dvorackova@mze.cz

Dernière mise à jour : 16.8.2011 15:18

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