Position de l’UE sur la Déclaration politique de l’ONU sur les drogues
Aujourd’hui s’est ouverte la 52e session de la Commission des stupéfiants dont le thème principal est celui du degré de réussite du contrôle des drogues illicites et des problèmes découlant de leur consommation et de leur trafic.
Le ministre tchèque de l’Intérieur, Ivan Langer, a aujourd’hui présenté à Vienne la Position de l’UE sur la Déclaration politique de l’ONU sur les drogues.
Dans le cadre de sa présidence, la République tchèque a défini un certain nombre de priorités pour une politique anti-drogue rationnelle. Il s’agit notamment :
1) de la définition et de la mise en avant d’une position unique de l’UE concernant l’évaluation des résultats de la période de dix ans qui s’est écoulée depuis la Vingtième session extraordinaire de l’Assemblée générale sur les drogues ;
2) de l’évolution des nouveaux indicateurs du taux de réussite de la répression de l’offre / des mesures répressives dans le cadre de la lutte contre la drogue et de leur mise en œuvre au niveau de l’UE, dans le but de vérifier l’efficacité des interventions entreprises et de rendre celles-ci aussi efficaces que possible ;
3) de l’amélioration des mesures existantes et de l’échange des bonnes pratiques au niveau de l’UE dans la répression des groupes organisés et éthiquement ou culturellement homogènes se livrant au trafic de drogue, et
4) de l’assistance technique à la résolution du problème de la drogue dans les pays de transit, notamment dans les États du « Partenariat oriental ».
La présentation de la position de l’UE au segment ministériel de la 52e session de la Commission des stupéfiants de l’ONU marque le succès de la première priorité. « Les discussions ont été difficiles, mais nous avons finalement une position européenne unique », a déclaré le ministre Ivan Langer. « Je considère cela comme un succès incontestable de la présidence tchèque et de l’équipe qui a mené les négociations. »
Dans la position de l’UE, le ministre tchèque de l’Intérieur a insisté notamment sur le fait que malgré quelques succès limités ou régionaux (essentiellement dans les pays de l’UE, mais aussi par exemple en Asie du Sud-Est), le problème de la drogue dans le monde non seulement ne s’est pas amélioré au cours des dix dernières années, mais il ne s’est même pas stabilisé. Lors de la conférence de presse qui a suivi, il a souligné avec les représentants de la Commission européenne et du Conseil la nécessité d’une approche équilibrée de la politique de la drogue, qui soit respectueuse des Droits de l’Homme, de l’autorité de la loi, de la protection de l’ordre public et de la santé publique. Il a proposé l’expérience positive des pays de l’UE combinant répression, prévention primaire, soins, harm reduction (réduction des risques) et resocialisation.
Ivan Langer a par ailleurs accordé une attention particulière aux mesures de réduction des risques passant par exemple par l’échange des aiguilles et des seringues usagées des consommateurs de drogue contre des nouvelles, les traitements de substitution pour les personnes dépendantes des opiacés, le travail sur le terrain avec les consommateurs de drogue, ou encore d’autres types interventions. Il a indiqué que malgré les craintes plutôt idéologiques de certains pays , cette approche ne tend assurément pas vers la légalisation des drogues ni vers une facilitation de leur consommation, et il a fait référence au nombre imposant d’études scientifiques, à la position de l’Organisation mondiale de la santé et d’autres institutions internationales, prouvant l’efficacité exceptionnelle de la réduction des risques dans la prévention de la transmission du VIH et d’autres maladies, ainsi que dans la réduction de la mortalité.
Dans la partie finale de la position de l’UE, le ministre Ivan Langer s’est consacré, en accord avec les priorités de la présidence tchèque, au besoin d’obtenir en permanence des données aussi complètes et scientifiquement standardisées que possible sur la situation en matière de drogue et d’établir une collaboration internationale étroite dans la lutte contre les crimes liés aux stupéfiants. « Sans informations de qualité, la communauté mondiale ne peut planifier des mesures réellement efficaces, et sans une étroite collaboration, elle ne sera pas en mesure de les mettre en œuvre », a-t-il souligné.
Ses paroles ont été soutenues par de brèves interventions de la Commission européenne.
Contact:
- Markéta Matlochová, Porte-parole du ministère de l’Intérieur
- Tél. : +420 974 832 972–4, GSM : +420 603 191 750, E-mail : matlochova@mvcr.cz
Dernière mise à jour : 16.8.2011 15:42