Discours de bienvenue de A. Vondra - Conférence L’élargissement de l’UE – 5 ans après

Mesdames, Messieurs,
Permettez-moi de vous accueillir à ce dîner d’inauguration de la conférence internationale « L’élargissement de l’UE – 5 ans après ».
Nous célébrons cette année les 20 ans de la chute du rideau de fer. Le 1er mai marquera quant à lui les 5 ans de l’élargissement le plus important de l’histoire de l’UE, qui a symboliquement parachevé la réunification de l’Europe. Ces anniversaires nous offrent l’occasion de faire le bilan, de confirmer ou de réfuter les attentes liées à l’élargissement.
Nous sommes témoins depuis plusieures années d’une lassitude croissante vis-à-vis de l’élargissement et en même temps également de contrastes intéressants.
Alors que certains hommes politiques craignent que l’élargissement ne se soit fait aux dépens de la capacité de l’Union à bien fonctionner et à continuer à s’intégrer, nos citoyens (en particulier en cette période de crise) ont pour leur part bien plus peur des conséquences économiques de l’élargissement : baisse du niveau de vie, pression accrue sur les marchés de l’emploi et répartition excessive en faveur de l’Est.
Il existe en même temps une forte contradiction entre la perception pessimiste des conséquences de l’élargissement par une grande partie de la population et ce que les données réelles nous révèlent. Cela n’a rien d’étonnant, l’élargissement vers l’Est s’étant accompagné de nombreux changements qui ont significativement accru l’insécurité économique en Europe, en particulier dans sa partie occidentale. La mondialisation, l’entrée sur le marché de la Chine et d’autres nouvelles puissances économiques ont porté un coup à la compétitivité de l’industrie européenne. La réunification de l’Allemagne avait été accompagnée d’un refroidissement de son économie, moteur traditionnel de la croissance européenne. Pour les citoyens il est difficile de ne pas mélanger les diverses sources d’incertitudes et donc de facilement faire de l’élargissement la cause de leurs inquiétudes. Nous tous, et en premier lieu les hommes politiques, avons donc une dette d´autant plus importante envers le public en termes d’apport d’informations sur ce sujet.
Cette conférence devrait contribuer à combler en partie cette carence. La présidence tchèque voudrait profiter de cet évènement organisé à l’occasion du 5e anniversaire de l’élargissement de l’UE aux pays de l’Europe centrale et orientale pour en évaluer les résultats dans le domaine économique. Nous voudrions attirer l’attention sur le fait que les élargissements de 2004 et de 2007 ont été profitables non seulement aux pays entrant mais également aux pays déjà membres de l’UE ; que les nouveaux pays-membres ne sont pas un fardeau à « absorber » ; que la croissance de la productivité, la baisse du chômage et la convergence des revenus et des niveaux de vie des nouveaux pays-membres ont été accompagnées d’une croissance dans les anciens pays-membres. Une croissance qui n’aurait pas été possible sans les opportunités d’investissements et commerciales sans précédent offertes par l’apparition des nouveaux marchés en Europe centrale et orientale. Enfin que la pression créée par l’élargissement sur les réformes structurelles a consolidé la compétitivité de l’Europe dans le monde en cette période de mondialisation, profitant ainsi à l’UE dans son ensemble. En d’autres termes, que l’élargissement a créé une situation de gagnant-gagnant en notre faveur à tous.
Mieux éclairer l’impact de l’élargissement est utile pour plusieurs raisons :
1) l’analyse des succès et des échecs nous aidera à évaluer l’impact que les prochains élargissements pourraient avoir sur l’UE ;
2) c’est un moyen d’identifier les étapes nécessaires à une adaptation meilleure et plus rapide de l’UE aux derniers élargissements ;
3) et surtout, cela nous permettra de faire face aux craintes de l’opinion publique concernant les coûts des élargissements, tant passés que futurs. Ceci est particulièrement important dans le climat actuel où l’Europe est hantée par la peur de la nouvelle vague de la crise économique en provenance cette fois de l’Est.
Mesdames et messieurs, permettez-moi, avant de donner la parole au commissaire Špidla, de remercier chaleureusement tous ceux qui se sont impliqués dans la préparation de cette conférence et sans lesquels elle n’aurait pas pu avoir lieu : la Commission européenne, pour son étude qui sera la base principale des discussions et qui est le résultat du travail hautement qualifié de plusieurs DG ; le Fonds monétaire international, l’OCDE et le groupe de réflexion Bruegel qui ont eux aussi contribué à la réalisation de cet évènement grâce à leurs études ; un grand merci doit également être adressé à la Représentation de la Commission européenne à Prague pour son excellente collaboration dans l’organisation de la conférence ; et enfin je voudrais remercier les présidents des panels de discussion et les intervenants qui nous ont prêté de leur temps et apporté leur renommée ainsi que leurs expériences pour nous aider à parvenir à notre objectif. Ils contribueront incontestablement à donner une haute qualité et un grand écho à cette conférence.
Monsieur le Commissaire, la parole est à vous.
Dernière mise à jour : 16.8.2011 15:42