Mot d’introduction prononcé par Alexandr Vondra, « Assurer la sécurité énergétique des États membres de l’UE », Ostrava
Mot d’introduction prononcé par Alexandr Vondra, vice-premier ministre tchèque chargé des Affaires européennes. Conférence internationale « Assurer la sécurité énergétique des États membres de l’UE dans le cadre du marché commun de l’électricité », Ostrava
Monsieur le Commissaire, Mesdames et Messieurs,
Permettez-moi de me joindre au premier ministre Mirek Topolánek et de vous souhaiter la bienvenue à cette conférence qui n’aurait pas pu être programmée à un meilleur moment. La récente crise du gaz a donné naissance à un vif débat sur les moyens d’assurer la sécurité énergétique de l’Union européenne. La présidence tchèque avait inclus ce sujet parmi ses priorités longtemps avant que ne soient pressenties les dures semaines que le conflit russo-ukrainien nous amènerait. Notre tâche ne s’est toutefois pas achevée avec la réouverture des vannes. La mission principale de la présidence tchèque est encore devant nous : ne pas laisser échapper le dynamisme politique initié par la crise, mais en profiter pour favoriser l’adoption rapide de mesures à court, moyen et long terme susceptibles de renforcer la sécurité énergétique de l’UE. Dans ce but, nous souhaitons profiter entre autres du Conseil européen de printemps lors duquel nous accorderons une grande attention à l’énergie. Il serait éminemment imprudent de limiter ce débat à la question du gaz et c’est pour cette raison que nous sommes réunis aujourd’hui : nous devons aussi nous intéresser à l’électricité.
Permettez-moi de mentionner ici un certain nombre de sujets qui, en liaison avec cette problématique, me tiennent à cœur en tant que
- adjoint au président du Conseil,
- habitant de l’Europe centrale et orientale,
- et citoyen de la République tchèque.
En premier lieu, la question de l’achèvement du marché intérieur de l’énergie. Le processus législatif lié au troisième paquet de libéralisation a quelque peu ralenti et l’une des priorités de notre présidence sera de le mener à bien avant l’expiration du mandat du Parlement européen actuel. L’achèvement du marché intérieur de l’énergie contribuera en effet sans aucun doute au renforcement de la sécurité énergétique de l’UE.
En deuxième lieu, je souhaite devant vous évoquer la nécessaire qualité de l’interconnexion transfrontalière des réseaux de transport. Sans celle-ci, le marché intérieur ne sera qu’une formule creuse. Je souhaiterais ici mentionner deux éléments :
a) Ces jours-ci se déroule une discussion au niveau de travail sur les projets d’infrastructures énergétiques que l’UE financera à l’aide des moyens du plan européen de relance. Notre devoir est de faire en sorte que les ressources soient allouées en priorité aux endroits où leur absence est la plus criante, à savoir aux régions isolées du reste de l’Europe et qui, dans ces conditions, sont les plus vulnérables aux possibles coupures d’énergie. J’aimerais ici attirer votre attention sur les priorités de la « deuxième analyse stratégique de la politique énergétique » qui sont formulées de manière très pertinente et équilibrée. Elles disent : Interconnectons les régions baltiques, interconnectons le Nord et le Sud de l’Europe centrale et orientale, créons un circuit énergétique méditerranéen.
b) Pourrait également contribuer à l’élévation du niveau de qualité des connexions et ainsi à l’achèvement du marché intérieur l’introduction d’un tarif unique pour l’accès et l’utilisation du réseau, tarif qui serait appliqué aux transits internationaux d’électricité. Les réseaux européens de transport ont été construits au cours du 20e siècle, à l’origine à l’intérieur des frontières nationales et sans que soit pris en compte le commerce transfrontalier. L’étroitesse des conduits dans les réseaux aux frontières ne permet pas aujourd’hui de satisfaire les demandes d’un grand nombre d’acteurs transfrontaliers du commerce de l’électricité. L’introduction d’un tel tarif offrirait ainsi un instrument permettant de répartir de façon équitable les coûts liés au transport international, et surtout les fonds perçus pourraient être utilisés en faveur du développement du réseau électrique européen et par là même en faveur du soutien du commerce transfrontalier de l’électricité.
Enfin, en troisième lieu, Galileo. La sécurité énergétique sera assurée notamment par la modernisation et la protection des infrastructures énergétiques critiques. Je partage entièrement l’avis de la Commission selon laquelle le développement d’un réseau « intelligent » de distribution d’un nouveau type nécessite absolument l’utilisation du système Galileo rendant possible une surveillance précise des réseaux énergétiques en temps réel. Galileo permettra le suivi et le contrôle du réseau énergétique et ainsi, même, sa protection. La République tchèque, inscrite sur la liste des pays candidats pour accueillir le siège de l’Autorité de surveillance du GNSS européen, est prête à lui apporter tout ce dont elle aura besoin pour assurer la réalisation de ces missions importantes.
Mesdames et Messieurs, je vous souhaite à nouveau un débat fructueux dont nous pourrons, je le pense, utiliser les résultats lors de la formulation du nouveau Plan d’action de l’UE pour l’énergie 2010-2012 dont la présidence tchèque commencera à discuter la physionomie au printemps et qui sera validé lors du sommet de printemps de 2010.
Je vous remercie de votre attention.
Dernière mise à jour : 16.8.2011 15:48