Communiqué de presse conjoint, 18e sommet UE-Japon, le 4 mai 2009, Prague
Le président de la République tchèque, Václav Klaus, a présidé au château de Prague le sommet UE-Japon organisé dans le cadre de la présidence tchèque du Conseil de l'UE.
INTRODUCTION
1. M. Václav Klaus, président de la République tchèque, assisté du Haut représentant M. Javier Solana et de M. José Manuel Barroso, président de la Commission européenne, et M. Taro Aso, premier ministre du Japon, se sont rencontrés à Prague le 4 mai 2009 pour le 18e Sommet Union européenne (UE) - Japon.
2. Les dirigeants du sommet étaient déterminés à promouvoir davantage le partenariat stratégique entre l’UE et le Japon fondé sur une coopération de longue date et des valeurs fondamentales et des principes communs tels que la démocratie, l’État de droit, les Droits de l’Homme, la bonne gouvernance, le développement durable et l’économie de marché.
3. Les dirigeants du sommet ont rappelé l’importance qu’ils attribuent au plan d’action de 2001 pour la coopération entre le Japon et l’UE en tant que base de la coopération et du dialogue productifs actuels entre les deux parties, ainsi qu’à leur engagement en faveur de la poursuite de la mise en œuvre de ce plan. Ils ont déclaré leur intention d’entamer des réflexions sur la manière de remplacer le plan d’action actuel après son expiration en 2011, l’objectif étant d’engager les négociations officielles lors du sommet de 2010.
ASSUMER UNE RESPONSABILITÉ MONDIALE
4. Assumant pleinement leur responsabilité de devoir gérer les défis mondiaux, les dirigeants du sommet ont réaffirmé qu’ils souhaitaient que l’UE et le Japon continuent à jouer le rôle de chefs de file, notamment en travaillant en vue du redressement de l’économie mondiale, en s’intéressant au sujet du changement climatique, en atteignant les objectifs du Millénaire pour le développement (OMD), plus particulièrement en ce qui concerne le développement de l’Afrique, ainsi qu’en supportant le maintien de la paix et de la sécurité internationales. Les dirigeants du sommet ont mis l’accent sur les étroites synergies existant entre les dossiers du changement climatique et ceux du développement ainsi que sur la nécessité de renforcer de façon réciproque les actions entreprises dans chacun de ces domaines. Partageant des inquiétudes sur l’évolution de l’apparition récente de la grippe A/H1N1, les dirigeants du sommet ont exprimé leur détermination à adopter toutes les mesures susceptibles de permettre d’empêcher la propagation de la maladie, soulignant par ailleurs l’importance de coordonner les efforts respectifs déployés par la communauté internationale par le biais du mécanisme existant en faveur de la collaboration et en travaillant en étroite coopération avec l’Organisation mondiale de la santé et les autres entités internationales.
5. Les dirigeants du sommet ont répété que la stabilisation des marchés financiers et le redressement de l’économie mondiale demeuraient pour eux la priorité n° 1. À cet égard, ils ont réaffirmé leur engagement de continuer à collaborer étroitement ensemble ainsi qu’avec d’autres partenaires internationaux afin de mettre en œuvre les décisions prises lors du sommet du G20 à Londres le 2 avril 2009, et notamment : prendre les mesures financières, monétaires et fiscales nécessaires pour restaurer la croissance et l’emploi tout en assurant la viabilité fiscale et la stabilité des prix à long terme ; renforcer la surveillance et la réglementation du système financier ; renforcer et réformer les institutions financières internationales, y compris au moyen d’une augmentation substantielle des ressources du FMI ; combattre toute forme de protectionnisme et promouvoir et faciliter les investissements et les échanges mondiaux ; et assurer un redressement équitable et durable pour tous.
6. Les dirigeants du sommet ont réaffirmé leur détermination de faire en sorte qu’un accord mondial ambitieux, efficace et complet sur le climat soit trouvé à Copenhague en décembre 2009. Ils ont indiqué que le ralentissement économique actuel ne devait pas réduire nos efforts en vue d’atteindre cet objectif et que les mesures adoptées pour la reprise économique offrent des opportunités de parvenir à une croissance économique à faible émission de carbone. Ils ont souligné que les processus de négociation actuels dans le cadre de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC) devraient se poursuivre de façon globale en vue d’un tel accord. Ils ont conjointement souligné l’urgence de réduire de manière substantielle les émissions mondiales de gaz à effet de serre en temps voulu afin que soit atteint l’objectif final de stabilisation des concentrations de gaz à effet de serre dans l’atmosphère à un niveau qui permettrait de prévenir une interférence anthropogénique dangereuse avec le système climatique, reconnaissant par ailleurs l’importance des conclusions contenues dans le quatrième rapport d’évaluation du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC).
7. L’accord devant être conclu à Copenhague doit donc comporter des engagements contraignants pour tous les pays développés, y compris les membres de l’OCDE, et en outre contenir des engagements similaires pour les pays non membres de l’OCDE mais dont le stade de développement économique est équivalent à celui des membres de l’OCDE, et pour les pays souhaitant volontairement être traités comme pays développés. Les engagements respectifs de chaque pays développé en matière de réduction des émissions devraient être définis d’une manière équitable, garantissant la comparabilité des efforts sur la base d’éléments tels que les efforts déployés dans le passé et les analyses portant sur le potentiel d’atténuation des émissions et notamment les analyses sectorielles.
8. Les dirigeants du sommet ont réaffirmé l’importance et l’urgence d’adopter des mesures appropriées pour accélérer le transfert et la diffusion des technologies existantes et stimuler le développement des technologies et pratiques innovantes ainsi que de promouvoir la transition vers une société à faible émission de carbone. Étant donné la période de pointe et les objectifs de réduction des émissions à moyen et long terme, ils ont rappelé les discussions menées lors du 17e Sommet UE-Japon, et notamment les fourchettes mentionnées dans la contribution du Groupe de travail III au quatrième rapport d’évaluation du GIEC.
9. Les dirigeants du sommet ont vivement conseillé aux pays développés d’élaborer ou de mettre à jour leurs plans d’action nationaux en vue d’un développement à faible émission de carbone, y compris les politiques et mesures adoptées en vue d’une atténuation, et ce d’une manière mesurable, vérifiable et pouvant faire l’objet de rapports. En fonction de leurs responsabilités communes mais différenciées et de leurs capacités respectives, il est attendu des pays en voie de développement, en particulier des plus avancés d’entre eux, qu’ils mettent en place des mesures d’atténuation significatives supplémentaires appropriées au niveau national, et ce d’une manière mesurable, vérifiable et pouvant faire l’objet de rapports, en vue de permettre une inflexion vers le bas significative de la courbe de croissance des émissions par rapport à l’évolution prévisible.
10. Les dirigeants du sommet se sont accordés sur le fait qu’une plus grande mobilisation des ressources financières publiques et privées à la fois au niveau national et au niveau international est nécessaire pour lutter contre le changement climatique, et ont en outre indiqué que l’UE et le Japon supportent tous deux les efforts visant à renforcer le soutien financier adéquate, prévisible et opportun aux pays en voie de développement et contribueront de manière appropriée à la mise en œuvre de l’accord de Copenhague. Les dirigeants du sommet ont reconnu l’importance d’accroître, de rationaliser et d’accélérer le soutien à l’atténuation et à l’adaptation des pays en voie de développement par l’utilisation de ressources financières de toutes sortes de la manière la plus efficace possible. À cet égard, les dirigeants du sommet ont reconnu la nécessité d’impliquer dans la plus grande mesure possible les banques multilatérales de développement existantes, l’efficacité de la coopération technologique sectorielle bénéficiant des conseils d’experts des secteurs public et privé et l’importance de la diffusion des découvertes scientifiques les plus récentes en matière d’adaptation pour rendre le flux financier plus rentable et efficace.
11. Les dirigeants du sommet ont reconnu que les secteurs des transports aériens et maritimes internationaux constituent des sources de plus en plus importantes d’émissions de gaz à effet de serre. L’UE et le Japon travailleront en collaboration étroite au sein de la CCNUCC, de l’Organisation de l’aviation civile internationale et de l’Organisation maritime internationale pour parvenir à une réduction réelle des émissions de gaz à effet de serre dans ces deux secteurs.
12. Reconnaissant l’importance de réduire les émissions de gaz à effet de serre et d’améliorer l’élimination des gaz à effet de serre grâce à des réservoirs, les dirigeants du sommet ont également rappelé l’importance de la réduction des émissions liées à la déforestation et à la dégradation des forêts dans les pays en voie de développement (REDD). Ces derniers pays seraient récompensés au titre des réductions d’émissions obtenues par le biais de mesures visant à limiter la déforestation et la dégradation des forêts. Les dirigeants du sommet ont reconnu la nécessité de lancer rapidement des actions dans le sens de la REDD et soutenu l’inclusion de la REDD dans le cadre allant au delà de 2012, tout en admettant que des mécanismes financiers adéquats sont nécessaires afin de soutenir les efforts déployés par les pays en voie de développement en vue de réduire les émissions liées à la déforestation et à la dégradation des forêts et d’enrayer la déforestation mondiale. Dans ce contexte, les dirigeants du sommet se sont déclarés particulièrement préoccupés par la déforestation tropicale.
13. Les dirigeants du sommet ont une nouvelle fois affirmé l’importance de développer, déployer et transférer les technologies, d’employer activement les instruments de marché tels que le commerce des droits d’émission, les réglementations basées sur la performance et l’étiquetage destinés aux consommateurs, d’améliorer le partenariat public-privé pour réduire les émissions et accroître l’efficacité énergétique, et enfin d’adopter les mesures d’adaptation opportunes pour bloquer les effets inévitables du changement climatique. Ils ont l’intention de promouvoir de telles politiques et mesures en accord avec leurs propres contextes nationaux, de partager leurs expériences quant à l’efficacité des différentes politiques et mesures adoptées et de coopérer sur le sujet. Ils ont également reconnu que l’intégrité environnementale du Mécanisme de développement propre devrait être davantage renforcée en assurant l’efficacité et la réalité de ce mécanisme et par l’intermédiaire de mesures significatives adoptées par les pays en voie de développement.
14. Les dirigeants du sommet ont souligné leurs intérêts communs dans le domaine de l’énergie ainsi que l’importance d’une coopération bilatérale continue en matière de sécurité énergétique, de technologies et de politiques énergétiques durables. Ils ont insisté sur la nécessité de promouvoir des marchés de l’énergie ouverts, transparents, efficaces et concurrentiels, de renforcer la sécurité énergétique, y compris par l’amélioration du dialogue et de la coopération entre les pays producteurs et les pays consommateurs, et de soutenir les choix énergétiques durables. Ils se sont réjouis du succès du récent atelier stratégique commun UE-Japon sur la recherche énergétique et le développement technologique. Les dirigeants du sommet ont souligné l’importance d’une collaboration étroite dans un contexte multilatéral, y compris dans le cadre du G8, de l’Agence internationale de l’énergie, du Forum international de l’énergie et du traité sur la Charte de l’énergie. Compte tenu du potentiel d’efficacité énergétique au niveau mondial et de son rôle pour la sécurité énergétique et l’atténuation du changement climatique, les dirigeants du sommet ont souligné le besoin d’améliorer et de renforcer davantage à la fois la coopération bilatérale et la coopération mondiale à ce propos. Ils ont également réaffirmé la nécessité d’œuvrer dans le sens du lancement, aussi tôt que possible, de la phase opérationnelle du partenariat international pour la coopération en matière d'efficacité énergétique.
15. Les dirigeants du sommet ont souligné l’importance d’une coopération étroite face aux autres défis environnementaux mondiaux. Ils ont rappelé l’engagement pris par l’UE et le Japon de réduire sensiblement d’ici 2010 le rythme actuel de l’appauvrissement de la diversité biologique et de définir une vision ambitieuse et des objectifs pour la biodiversité au delà de 2010 dans le contexte de l’Année internationale de la biodiversité proclamée par l’ONU et de la dixième Conférence des parties à la Convention sur la diversité biologique qui se tiendra au Japon. Ils ont souligné leur engagement dans la lutte contre l’exploitation illégale des forêts et le commerce qui y est associé et ont également insisté sur leur soutien aux efforts actuellement fournis au niveau international pour renforcer l’interface de la science et de la politique pour la biodiversité et les services écosystémiques. Les dirigeants du sommet ont salué la décision prise lors de la vingt-cinquième session du Conseil d’administration du programme des Nations Unies pour l’Environnement d’initier des négociations intergouvernementales sur la création d’un instrument sur le mercure juridiquement contraignant et utilisable à l’échelle mondiale. Les deux parties sont d’avis qu’une action rapide dans le cadre d’un partenariat mondial volontaire sur le mercure est nécessaire pendant la négociation et la finalisation de cet instrument. Elles ont souligné leur engagement de renforcer les initiatives visant à une valorisation et un recyclage optimaux et à un usage efficace des ressources et des matériaux, y compris l’initiative 3R, d’une manière écologiquement rationnelle et en accord avec la Convention de Bâle sur le Contrôle des mouvements transfrontaliers de déchets dangereux, en considération des risques associés en particulier pour les pays en voie de développement.
16. Les dirigeants du sommet ont discuté de l’Aide publique au développement (APD) de la communauté internationale et exprimé leur inquiétude à propos de la lenteur de la réalisation des objectifs du Millénaire pour le développement, en particulier en Afrique. Ils ont souligné qu’il est nécessaire que le G8 s’acquitte fidèlement de ses engagements pris lors des réunions du sommet du G8, entre autres à Toyako sur l’île d’Hokkaido, à Heiligendamm et à Gleneagles, ainsi que l’importance de répartir les responsabilités. Les deux parties ont fait part de leur détermination à mettre en œuvre le programme d’action d’Accra sur l’efficacité de l’aide. Les dirigeants du sommet ont reconnu le poids des répercussions de la crise économique et financière mondiale sur les pays en voie de développement, suite aux fortes augmentations des prix des denrées alimentaires et du pétrole de l’année dernière combinées aux effets négatifs du changement climatique. Conscients de l’objectif de développement dont il a été convenu au niveau international et notamment des objectifs du Millénaire pour le développement, et des efforts déployés en vue d’atteindre l’objectif d’une contribution à l’aide publique au développement atteignant 0,7 % du revenu national brut, ils ont appelé la communauté internationale à maintenir et respecter tous ses engagements en termes d’aide publique au développement particulièrement en ce qui concerne l’aide à l’Afrique, et ce malgré la crise financière mondiale. En tant que protagonistes majeurs dans le domaine du développement, les deux parties ont décidé d’instaurer à partir du second semestre 2009 un dialogue annuel sur la politique de développement qui se focalisera sur des problématiques mondiales telles que l’Afrique, les objectifs du Millénaire pour le développement, le changement climatique et les politiques des pays respectifs d’aide et démarches respectives pour promouvoir davantage la coopération mutuelle en vue de l’efficacité de l’aide et du développement. Les dirigeants du sommet ont salué le renforcement de la coopération entre les organismes de mise en œuvre pour une application rapide des décisions politiques.
17. Les dirigeants du sommet ont souligné le besoin urgent d’un dénouement favorable du Programme de Doha pour le développement mené dans le cadre de l'OMC, afin de stimuler l’économie mondiale. À cet égard, les deux parties considèrent qu’il est important d’avancer vers l’atteinte de résultats ambitieux, équilibrés et complets dans tous les domaines de négociation et basés sur les progrès déjà accomplis en tenant compte notamment des modalités. Les dirigeants du sommet ont réaffirmé l’engagement qu’ils avaient pris lors du sommet de Washington et élargis lors du sommet de Londres de s’abstenir, jusqu’à fin 2010, d’ériger de nouvelles barrières au commerce et à l’investissement, d’imposer de nouvelles restrictions à l’exportation ou de mettre en œuvre des mesures de stimulation des exportations contraires aux règles de l’OMC. Ils ont également rappelé leur engagement de remédier rapidement à toute mesure d’une telle nature et souligné leur détermination à coopérer pour se pencher sur de telles mesures où qu’elles soient adoptées. Les deux parties vont poursuivre leur coopération en vue du respect de ces engagements.
18. Les dirigeants du sommet ont souligné l’importance d’une mise en œuvre intégrale des réformes du système des Nations Unies adoptées lors du sommet de l’ONU de 2005, et notamment de la réforme des principaux organes de l’ONU telle qu’indiquée dans le document final, afin de renforcer la capacité de l’ONU à réagir avec efficacité aux défis mondiaux. Les dirigeants du sommet ont également insisté sur l’importance d’une coopération multilatérale approfondie y compris dans le cadre des travaux du Conseil des Droits de l’Homme et de la Commission de consolidation de la paix. Ils ont également souligné la nécessité d’obtenir des résultats concrets concernant un nouveau barème de l’ONU.
PROMOUVOIR LA PAIX ET LA SÉCURITÉ
19. Les dirigeants du sommet ont échangé leurs opinions sur un certain nombre de questions d’intérêt commun. Ils ont partagé leur intention de renforcer leur coopération opérationnelle en vue d’une approche plus active et de promouvoir la paix et la stabilité internationales. Ils ont souligné l’utilité des dialogues stratégiques entre l’UE et le Japon dans la recherche de positions communes sur l’Asie de l’Est et l’Asie centrale, eu égard, entre autres, aux inquiétudes toujours présentes concernant la sécurité. Le Japon a insisté sur le fait que la question de l’embargo sur les armes nécessite un examen circonspect à la lumière du contexte sécuritaire régional.
20. Condamnant la violation de la résolution 1718 du Conseil de sécurité de l’ONU par la Corée du Nord du fait du lancement effectué le 5 avril dernier, les dirigeants du sommet ont décidé de poursuivre leur coopération dans le traitement du dossier nord-coréen, en particulier sur la question de la dénucléarisation complète et vérifiable de la péninsule coréenne plus spécifiquement sur la base des accords conclus lors des pourparlers à six, sur la question de l’élimination de la menace que font peser les missiles balistiques, en particulier par la mise en œuvre de la résolution 1718 du Conseil de sécurité de l’ONU, de l’amélioration de la situation humanitaire et de l’examen des problèmes liés aux Droits de l’Homme, et notamment la résolution du problème des enlèvements.
21. Les dirigeants du sommet ont souligné l’importance pour la communauté internationale de maximiser ses efforts collectifs en Afghanistan, en particulier en apportant son soutien au processus électoral en Afghanistan et aux efforts déployés par le président du pays pour atteindre la paix et la stabilité pour son peuple. Le Japon a indiqué reconnaître la valeur des activités menées par la Mission de police de l’Union européenne (EUPOL Afghanistan), l’UE indiquant pour sa part reconnaître la valeur des efforts déployés par le Japon grâce au dispositif de Désarmement des groupes armés illégaux (DIAG). Les deux parties ont déclaré poursuivre leur étroite coopération en matière d’aide à l’Afghanistan dans les domaines du développement rural et des réformes de la justice et de la police. Ils ont salué le succès de la conférence internationale sur l’Afghanistan organisée à La Haye le 31 mars dernier.
22. Les dirigeants du sommet ont souligné que les défis auxquels sont confrontés le Pakistan et l’Afghanistan ne peuvent être combattus de manière isolée et que les relations dans l’ensemble de la région doivent être renforcées. Ils ont insisté sur leur soutien continu à la démocratie, à la bonne gouvernance et à l’État de droit au Pakistan alors que le gouvernement est confronté à des défis économiques et sécuritaires complexes. Ils ont salué le succès de la conférence des bailleurs de fonds pour le Pakistan organisée à Tokyo le 17 avril dernier.
23. Réaffirmant l’importance de promouvoir la stabilité et la prospérité en Asie centrale, les dirigeants du sommet ont apprécié la récente coopération établie en vue de l’amélioration des capacités de gestion des frontières au Tadjikistan. Rappelant également l’utilité des dialogues politiques avec les pays de la région et la nécessité de soutenir ceux-ci dans leurs réformes et leur démocratisation, les deux parties ont décidé d’explorer la possibilité d’étendre leur coopération en Asie centrale à d’autres régions dans lesquelles l’UE et le Japon sont activement engagés. Les deux parties estiment que la stabilité et la prospérité de l’Asie centrale sont d’une importance cruciale pour la stabilité de la région entière et notamment pour celle des pays voisins, et ils ont signalé à cet égard l’importance d’une coopération mutuelle de tous les acteurs présents en Asie centrale.
24. Tout en reconnaissant le besoin de s’attaquer aux causes premières de la piraterie et en soulignant leur soutien aux activités de développement entreprises à cette fin en Somalie ainsi qu’au potentiel de lutte contre la piraterie en Somalie et dans l’ensemble de la région, les deux parties sont prêtes à prendre les mesures appropriées afin de contribuer à assurer aux bateaux ayant besoin de protection un passage sûr dans le golfe d’Aden, et ce par le déploiement de la NAVFOR Atalanta en ce qui concerne l’UE et l’envoi de navires d’escorte des Forces navales d’autodéfense pour ce qui est du Japon.
25. Les deux parties ont réaffirmé leur engagement en faveur du renforcement de l’Architecture africaine de paix et de sécurité établie par l’Union Africaine de manière à améliorer les capacités de l’Afrique en termes de maintien de la paix. Les deux parties ont souligné l’importance de s’occuper des crises humanitaires telles que celles frappant le Darfour, le Tchad/la République centre-africaine et la République démocratique du Congo.
26. Partageant des inquiétudes sérieuses sur la question nucléaire iranienne, l’UE et le Japon ont appelé l’Iran à se conformer pleinement aux résolutions 1696, 1737, 1747, 1803 et 1835 du Conseil de sécurité de l’ONU. Les deux parties ont renouvelé leur engagement vis-à-vis des efforts permanents de l’Agence internationale de l’énergie atomique et du Conseil de sécurité de l’ONU pour résoudre cette question et confirmé leur détermination à œuvrer en vue d’une résolution pacifique et diplomatique de ce sujet. Les deux parties ont appelé l’Iran à coopérer de manière plus constructive avec l’E3/EU+3 (la France, l’Allemagne, le Royaume-Uni, le haut représentant de l’UE pour la PESC, la Chine, la Russie et les États-Unis).
27. Les dirigeants du sommet ont estimé que le processus de paix au Proche-Orient demeure l’une des grandes priorités de l’UE et du Japon. Il est nécessaire de trouver d’urgence une paix juste, durable et globale. Ils ont déclaré faire le maximum pour faire avancer le processus de paix en collaborant étroitement avec leurs partenaires internationaux, en particulier le Quartet, afin de promouvoir une solution au conflit israélo-palestinien fondée sur l’existence de deux États vivant en paix et en sécurité. Les deux parties ont rappelé l’importance de l’initiative arabe de paix à cet égard. Ils ont noté l’importance du soutien international pour fournir une assistance humanitaire aux Palestiniens et également pour construire les institutions d’un État palestinien, incluant la Cisjordanie et Gaza, qui soit viable, indépendant, démocratique et souverain et vive en paix et en sécurité à côté d’Israël au sein de frontières sûres et reconnues. Dans ce contexte, ils ont souligné la valeur du mécanisme PEGASE de l’UE mis à la disposition de la communauté internationale des bailleurs de fonds. Ils ont également relevé l’importance de l’initiative du corridor pour la paix et la prospérité lancée par le Japon pour contribuer à la création d’une économie palestinienne viable.
28. Les dirigeants du sommet ont exprimé leur espoir que le gouvernement du Myanmar s'attaque aux graves problèmes politiques, structurels et économiques du pays et encourage une transition pacifique vers un gouvernement légitime, démocratique et civil sans délai. Ils ont remarqué que les élections prévues pour 2010 pourraient être accueillies favorablement par la communauté internationale si elles reposaient sur un dialogue impliquant sans exception toutes les parties concernées au Myanmar. Dans ce contexte, ils ont appelé le Myanmar à libérer les prisonniers et détenus politiques, y compris Daw Aung San Suu Kyi, et à lever immédiatement toutes les restrictions imposées aux partis politiques. Ils ont déclaré qu’ils étaient prêts à réagir favorablement aux progrès politiques substantiels et aux mesures adoptées par le Myanmar en vue du respect des Droits de l'Homme. Les dirigeants du sommet ont réaffirmé leur plein appui à la mission de bons offices du Secrétaire général des Nations Unies et au Rapporteur spécial des Nations Unies sur la situation des Droits de l'Homme au Myanmar, et appelé le gouvernement de ce pays à coopérer pleinement avec eux. Ils ont rappelé leur détermination à aider le gouvernement et le peuple du Myanmar à parvenir à la stabilité et à la prospérité dans une liberté démocratique.
29. Les dirigeants du sommet ont fait part de leur profonde préoccupation face au grand nombre de civils toujours piégés dans la zone de conflit au Nord du Sri Lanka, et en particulier face aux nombreux rapports faisant en permanence état de morts et de blessés parmi les civils. Ils ont condamné les efforts déployés par les Tigres de libération de l'Eelam tamoul (TLET) pour empêcher les civils de partir ; ils ont vivement invités les Tigres de libération à libérer tous les civils et l’armée srilankaise à assurer leur passage en sécurité. Ils ont appelé le gouvernement du Sri Lanka et les Tigres de libération à se conformer pleinement au droit international humanitaire et à mettre fin au conflit. Ils ont apporté leur entier soutien à l’appel lancé par le Secrétaire général des Nations Unies pour que le personnel de l’ONU soit autorisé à pénétrer dans la zone de conflit de façon à pouvoir faciliter la mise en œuvre des actions de secours et l’évacuation des civils, et par ailleurs pour que l’ONU et le CICR soient autorisés à accéder à tous les sites sur lesquels des personnes déplacées venant d’arriver se font enregistrer et à fournir des abris. Les dirigeants du sommet ont invité toutes les parties au Sri Lanka à s’engager dans un processus politique complet qui se penche sur les préoccupations légitimes de toutes les communautés.
30. Le Japon a salué les contributions constructives apportées par l'UE à l’architecture politique de la région Asie-Pacifique. L'UE a pour sa part salué les efforts déployés par l'Asie de l'Est en vue de renforcer une coopération régionale ouverte et transparente fondée sur les règles mondiales et des valeurs universellement reconnues, et apprécié le rôle actif et constructif joué par le Japon à cet égard. Reconnaissant que le sommet de l'Asie de l'Est (EAS) est un forum mené par l’ASEAN en partenariat étroit avec ses autres participants, le Japon a salué l’intérêt constant de l'Union européenne pour un plus grand engagement dans l’EAS et a indiqué qu’il coopérera étroitement avec les partenaires de l'ASEAN en vue de modifier le traité d'amitié et de coopération en Asie du Sud-Est afin de permettre l’adhésion de l'UE/CE.
31. Les dirigeants du sommet ont réaffirmé leur intention de coopérer dans le domaine de la sécurité des personnes en promouvant ce concept au sein de l'ONU et d'autres forums internationaux, ainsi que de poursuivre le dialogue sur la sécurité des personnes. Ils ont également souligné qu’il est nécessaire que l'Assemblée générale des Nations Unies continue d’examiner la responsabilité de protéger les populations contre les génocides, les crimes de guerre, les nettoyages ethniques et les crimes contre l'humanité ainsi que leurs conséquences en ayant à l'esprit les principes de la Charte et du droit international, comme indiqué dans le document final du Sommet mondial de 2005.
32. Dans le contexte des politiques et des programmes de l'UE visant la stabilisation du voisinage de l'Union européenne, l'UE et le Japon ont signifié qu’ils avaient hâte de discuter des autres domaines de coopération possibles dans le cadre du Partenariat oriental de l'UE.
LA COOPÉRATION BILATÉRALE SUR LES QUESTIONS ÉCONOMIQUES ET SECTORIELLES
33. Les dirigeants du sommet ont salué les récents progrès accomplis dans leur coopération bilatérale et confirmé leur détermination à continuer de travailler ensemble dans ce sens pour assurer une plus grande prospérité et qualité de vie dans l'UE, au Japon et dans le reste du monde.
34. Les dirigeants du sommet ont réaffirmé l'importance cruciale des relations économiques et commerciales bilatérales entre l'UE et le Japon pour leur propre prospérité ainsi que pour la prospérité mondiale. Les deux parties ont souligné la nécessité de s'acquitter de leurs responsabilités de mener les efforts internationaux en vue du maintien d’une économie ouverte, en particulier à la lumière de la situation économique mondiale actuelle. Les deux parties ont fait part de leur intention de coopérer au renforcement de l'intégration de leurs économies en vue de mieux exploiter le potentiel de leurs relations économiques. Dans ce but, afin de s'attaquer aux barrières commerciales restrictives, d’accroître les opportunités d'accès au marché et de créer le meilleur environnement possible pour promouvoir les flux d'investissements directs bilatéraux, ils ont souligné l'importance de mettre l’accent sur un certain nombre de questions spécifiques non-tarifaires censées générer des résultats concrets d’une manière bénéfique pour les deux parties et à court terme, en utilisant plus efficacement les mécanismes existants tels que les consultations de haut niveau, le dialogue bilatéral sur les réformes réglementaires, le dialogue commercial de haut niveau, le dialogue sur la politique industrielle et la coopération industrielle ainsi que les autres dialogues bilatéraux. Ils passeront en revue les progrès accomplis au plus tard au sommet de 2010.
35. Les dirigeants du sommet ont salué les progrès accomplis dans la mise en œuvre de l’annexe du sommet de 2007 relative à la promotion de la recherche et de l'innovation pour la prospérité. Ils ont tout particulièrement salué le paraphe, le 19 février 2009, de l'accord conclu entre la Communauté européenne et le Gouvernement du Japon sur la coopération dans les domaines de la science et de la technologie, et réaffirmé leur intention de travailler étroitement en vue de sa signature et de son entrée en vigueur le plus tôt possible.
36. Les dirigeants du sommet ont exprimé leur ferme intention de renforcer la coopération entre l’UE et le Japon en matière pénale et salué l'ouverture des négociations en vue de la signature d’un accord sur l'entraide judiciaire. Ils ont exprimé le souhait que des négociations constructives aboutissent à la conclusion rapide d'un accord qui satisferait les deux parties et apporterait par là même une valeur ajoutée significative à leurs relations.
37. Les dirigeants du sommet ont salué les progrès accomplis dans le domaine de la coopération douanière, en particulier en ce qui concerne la sécurité de la chaîne logistique, y compris par le biais de la reconnaissance mutuelle des programmes relatifs aux opérateurs économiques autorisés, et en ce qui concerne le respect des droits de propriété intellectuelle au-delà des frontières depuis l'entrée en vigueur en 2008 de l'accord conclu entre le Gouvernement du Japon et la Communauté européenne sur la coopération et l’assistance administrative mutuelle en matière douanière. Le Japon a réaffirmé son soutien à l'adhésion prochaine de la CE à l'Organisation mondiale des douanes.
38. Les dirigeants du sommet ont salué les progrès accomplis dans les relations entre l'UE et le Japon dans le domaine de l’aviation depuis le sommet de 2008. Ils ont salué le fait de partager le même avis sur la nécessité de prendre en compte les principes de désignation communautaire dans la mise en œuvre de tous les accords bilatéraux relatifs aux services aériens conclus entre les États membres de l'UE et le Japon, et sur la nécessité d'achever cette tâche dès que possible. Les dirigeants du sommet ont exprimé leur intention d'élargir et d'approfondir la coopération dans tous les domaines de l'aviation civile, en particulier la sécurité aérienne, la protection et la gestion du trafic aérien.
39. C’est avec satisfaction que les dirigeants du sommet ont pris note des nouveaux progrès accomplis dans la mise en œuvre du plan d'action UE-Japon de 2007 sur la protection et le respect des droits de propriété intellectuelle (DPI) et ils ont confirmé leur détermination à poursuivre leur étroite coopération en matière de DPI au niveau bilatéral aussi bien qu’au niveau multilatéral. Les dirigeants du sommet sont restés profondément engagés dans les négociations concernant l’accord commercial de lutte contre la contrefaçon et exprimé leur intention de faire tout leur possible en vue de l'achèvement rapide des négociations pour un accord ambitieux.
40. Les dirigeants du sommet ont réaffirmé l'importance de poursuivre et de renforcer la coopération en matière d'enseignement supérieur en encourageant la coopération universitaire conjointe et les projets de mobilité des étudiants. Ils ont également réaffirmé leur intention d’organiser un séminaire ad hoc sur la politique de l'enseignement supérieur le plus tôt possible, si possible d'ici fin 2009.
41. Les dirigeants du sommet ont salué les dialogues récents sur la question de l'exemption de visa et encouragé la poursuite des progrès en vue de parvenir aussi tôt que possible à l’exemption totale de visa pour les citoyens de tous les États membres de l'UE. À cet égard, l'UE a souligné l'importance d'assurer l'égalité de traitement entre les citoyens et notamment l’entière réciprocité de l'exemption de visa.
42. Les deux parties ont confirmé leur engagement pour une coopération permanente dans le domaine des services financiers. Elles ont réaffirmé le besoin de renforcer la surveillance et la réglementation en vue de rétablir la confiance dans le système financier. L'UE a salué le fait que le Japon réfléchisse depuis octobre 2008 sur sa politique, en vue de l’adoption de normes internationales de reporting financier. Le Japon a quant à lui salué la décision prise par la CE de reconnaître l'équivalence des normes comptables adoptées dans l'UE et au Japon et exprimé son soutien à l’introduction, dans la réglementation communautaire à venir sur les agences de notation de crédit, d’un régime de certification spécifique pour les plus petites agences de notation de crédit de situées en dehors de l'UE. Les deux parties ont réaffirmé leur intention de poursuivre leurs efforts en vue de l’établissement d’une confiance mutuelle envers les systèmes de surveillance d'audit de part et d’autre.
43. Les dirigeants du sommet ont reconnu l'importance d’assurer un niveau élevé de protection des consommateurs et réaffirmé leur intention de poursuivre la mise en œuvre de l’annexe relative à la coopération UE-Japon dans le domaine de la sécurité et de la protection des consommateurs convenue au sommet de 2008.
44. Les dirigeants du sommet ont reconnu la valeur du travail réalisé par la table ronde commerciale UE-Japon et déclaré continuer à être intéressés par des discussions entre les mondes des affaires des deux bords. Ils ont pris note de l’intention des participants à la réunion de poursuivre les discussions en vue du renforcement de la coopération économique entre l’UE et le Japon.
- Vous trouverez plus d’informations dans le Calendrier des manifestations.
Fichiers joints
- Joint Press Statement (pdf, 94 kB)
Dernière mise à jour : 16.8.2011 15:24