Le Conseil EPSCO à Luxembourg, point culminant du travail de la présidence tchèque dans le domaine de l’emploi
Le ministre tchèque du Travail et des Affaires sociales, Petr Šimerka, et le ministre tchèque chargé des Droits de l’Homme et des Minorités nationales, Michael Kocáb, ont présidé hier le Conseil « Emploi, Politique sociale, Santé et Consommateurs » à Luxembourg. Ils ont ainsi symboliquement parachevé le travail réalisé par la présidence tchèque dans le domaine de l’Emploi et des Affaires sociales.
La réunion a pour l’essentiel été consacrée à la préparation de la contribution au Conseil européen qui se déroulera les 18 et 19 juin 2009, et donc à la gestion de l’impact de la crise actuelle sur l’emploi. La discussion a pris pour point de départ les messages clés du Sommet tripartite sur l’emploi, qui avait marqué l’entente sur la nécessité d’adopter des mesures à court terme en vue du maintien de l’emploi ainsi que sur les réformes censées préparer les marchés du travail à l’ « après-crise ». « Nous considérons comme fondamentales à cet égard l’évaluation, en termes d’efficacité, des mesures anti-crise adoptées, ainsi que la question de la viabilité des finances publiques », a indiqué en introduction le ministre tchèque et président du Conseil, Petr Šimerka.
Les conclusions du sommet ont été reprises par la Commission européenne dans les mesures concrètes des États-membres, de la Commission et des partenaires sociaux sous la forme d’une communication intitulée « Engagement partagé pour l’emploi ». Les actions concrètes doivent être adaptées aux changements affectant les marchés du travail et à la situation budgétaire de chaque État-membre. Cette communication est censée mobiliser toutes les ressources financières disponibles de l’Union, celles du Fonds social européen, de la Banque européenne d’investissement et du Fonds européen d’ajustement à la mondialisation (FEM). L’accord sur les nouvelles conditions d’utilisation des moyens du FEM, qui peuvent par exemple servir à la requalification des employés, au soutien de leur mobilité ou au conseil lors de la recherche d’un emploi, a été négocié avec succès sous la présidence tchèque en liaison avec le financement des mesures de lutte contre la crise.
La communication de la Commission attire en outre l’attention sur les propositions étudiées pour soutenir, sur les ressources européennes, les mesures anti-crise : d’une part un financement à hauteur de 100 % des projets sur le Fonds social européen en 2009 et 2010 sans nécessité de cofinancement par les ressources nationales, et d’autre part la possibilité de créer un fonds qui apporterait, essentiellement aux PME qui disposent globalement d’un accès difficile aux prêts, des garanties pour les petits prêts.
Un autre domaine important auquel le Conseil s’est consacré lors de sa réunion d’aujourd’hui est celui de l’inclusion des Roms. C’est à la présidence tchèque que l’on doit l’adoption des principes fondamentaux communs de l’intégration des Roms, un thème auquel le Conseil EPSCO s’est intéressé pour la toute première fois. « À une époque ou l’Europe entière connaît une croissance de l’extrémisme et du racisme, cette initiative est infiniment importante et envoie un signal clair quant au besoin d’améliorer la situation des Roms dans toute l’Europe », a indiqué le ministre tchèque chargé des Droits de l’Homme, Michael Kocáb.
Conclusions du Conseil
Dans le domaine de l’emploi, deux textes de conclusions ont été adoptés par le Conseil sur des sujets clés de la présidence tchèque : la flexicurité en temps de crise et les services sociaux. S’agissant de la flexicurité, un concept reposant sur l’équilibre entre un marché du travail flexible et l’assurance de s’y maintenir, les conclusions ont entre autres mis l’accent sur :
- la flexibilité des entreprises comme instrument permettant de maintenir le niveau d’emploi (flexibilité des horaires),
- le soutien aux entreprises (réduction des frais et des charges administratives),
- l’équilibre entre la protection et la motivation des personnes dans le système de protection sociale,
- l’adaptation des qualifications et des compétences aux exigences du marché du travail.
Les conclusions sur les services sociaux comme instrument d’insertion sociale active et secteur offrant des opportunités d‘emplois ont notamment souligné :
- l’importance des services pour l’inclusion active des personnes dans la société,
- l’existence d‘exigences accrues en matière de services sociaux du fait de l’évolution démographique,
- le rôle des services sociaux dans la création de nouveaux emplois,
- l’accent à mettre sur la qualité des services, leur accessibilité, leur efficacité et leur viabilité financière.
Le Conseil a adopté des conclusions relatives au vieillissement de la population et à la lutte contre la discrimination à plusieurs niveaux des femmes et des hommes les moins jeunes. La mise en œuvre de ces conclusions permettra à ces derniers de continuer à se réaliser activement dans leur vie professionnelle et dans leur vie sociale et à vivre une vieillesse à part entière.
Les ministres ont par ailleurs discuté la proposition d’élargissement, aux ressortissants des États tiers, du règlement portant sur la coordination des systèmes de sécurité sociale. Ils ne sont malheureusement pas parvenus à un accord politique et il reviendra à la présidence suédoise de poursuivre le débat sur la proposition.
Le ministre Petr Šimerka a informé les participants à la réunion des progrès accomplis dans le débat sur la directive anti-discrimination et la directive sur la sécurité et la santé des travailleuses enceintes, accouchées ou allaitantes au travail.
Le ministre Michael Kocáb a pour sa part informé le Conseil de l’état d’avancement des discussions sur la directive concernant l'application du principe de l'égalité de traitement entre hommes et femmes exerçant une activité indépendante, et la commission a communiqué des informations sur la mise en œuvre des périodes transitoires pour la libre circulation de la main-d’œuvre jusqu’à 2011. La concrétisation de la mobilité totale des travailleurs au sein de l’Union européenne était l’une des grandes priorités de la présidence tchèque. Le président du Conseil, Petr Šimerka, a donc salué à cet égard les décisions prises par le Danemark et la Belgique d’ouvrir leurs marchés du travail aux travailleurs des nouveaux États membres de l’UE dès le 1er mai dernier.
Les ministres ont ensuite consacré leur déjeuner de travail entre autres à la discussion sur l’avenir de la stratégie de Lisbonne dans le domaine de l’emploi après 2010. La nouvelle stratégie devrait se concentrer essentiellement sur la croissance et l’emploi, elle devrait prendre en considération les différences entre les différents pays ainsi que définir une mesure d’universalité dans la poursuite des objectifs. L’un de ses éléments importants devrait par ailleurs consister en une sensibilisation suffisante du public sur la nécessité de certaines réformes.
Contact :
Jana Říhová, porte-parole du ministère du Travail et des Affaires sociales
Tél. : +420 221 922 249, GSM : +420 725 761 147, E-mail : [email protected]
Contact:
Lejla Abbásová, Porte-parole du ministre chargé des Droits de l’Homme et des Minorités nationales
Tél.: +420 224 002 066, GSM: 725 805 865, E-mail: [email protected]
Dernière mise à jour : 9.6.2009 11:06